Alors que 66 pays dans le monde pénalisent encore l’homosexualité, une conférence consacrée aux stratégies de dépénalisation se tiendra prochainement à Paris, à l’initiative de l’Association pour la Dépénalisation Universelle de l’Homosexualité (ADUH), en partenariat avec STOP homophobie et la Ville de Paris.
L’événement réunira des chercheurs, militants et acteurs associatifs autour d’une question centrale : quels discours permettent aujourd’hui de faire évoluer les sociétés, au-delà des cadres classiques des droits humains.
Au Sénégal, le droit pénal sanctionne les relations entre personnes de même sexe par des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement, à la suite d’un renforcement récent du dispositif répressif. Les autorités justifient régulièrement ces positions par la défense des « valeurs sociales et culturelles » du pays, dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales autour des questions LGBTQIA+.
Au Niger, une nouvelle réforme du code pénal a, pour la première fois, introduit une criminalisation explicite des relations entre personnes de même sexe, avec des peines allant de cinq à dix ans de prison et des amendes. Les autorités de transition présentent cette évolution comme une réponse à des pratiques considérées comme contraires aux « valeurs locales » et à l’influence de modèles extérieurs.
Dans les deux pays, ces évolutions s’inscrivent dans un mouvement plus large de durcissement observé en Afrique de l’Ouest, où plusieurs gouvernements invoquent la souveraineté culturelle et le rejet de normes perçues comme importées pour justifier le renforcement des législations pénales.
Face à ces dynamiques, les organisations de défense des droits humains continuent de s’appuyer sur les principes universels d’égalité et de non-discrimination. Mais sur le terrain, notamment en Afrique et en Asie, ces arguments ne produisent pas toujours les effets attendus et peuvent être perçus comme extérieurs aux réalités locales.
« On ne convainc pas une société en lui parlant un langage qu’elle ne reconnaît pas comme le sien », sera l’un des constats développés lors de la conférence, qui entend analyser les limites des approches exclusivement fondées sur les droits humains.
L’historien et militant Louis-Georges Tin interviendra sur les enjeux du militantisme LGBTQIA+ dans les contextes post-coloniaux. Il reviendra notamment sur les tensions entre universalité des droits et perceptions locales, dans des sociétés où ces discours sont parfois associés à des formes d’ingérence ou de domination culturelle.
Des militants venus d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et d’Asie présenteront également leurs expériences de terrain. Ils décriront les stratégies mises en œuvre pour adapter les messages, ouvrir le dialogue et tenter de faire évoluer progressivement les cadres juridiques et sociaux.
Au cœur des échanges figureront les questions du langage, des références culturelles et des conditions concrètes de réception des discours de plaidoyer dans des contextes fortement criminalisants.
Cette conférence s’adresse à un public de chercheurs, militants, institutions et citoyens souhaitant mieux comprendre les dynamiques internationales autour de la dépénalisation de l’homosexualité et les stratégies déployées pour y parvenir.
Informations et inscriptions : Ici Ce 25 juin 2026 18:00 Paris – Auditorium de l’Hôtel de Ville, 5 Rue de Lobau, 75004, Paris France L’ADUH et STOP homophobie, aux côtés de leurs partenaires, entendent ainsi contribuer à une réflexion sur les leviers de transformation sociale dans des contextes où la répression reste particulièrement forte.













