Lors du procès en cours devant la cour d’assises de Vaucluse, à Avignon, l’avocat général a requis ce vendredi 5 juin 2026 des peines allant jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle contre les principaux accusés, dans une affaire de meurtre et de guet-apens visant des hommes homosexuels.
Depuis le début de la semaine, six personnes (quatre hommes et deux femmes) sont jugées, notamment pour le meurtre de Mickaël, un homme homosexuel de 30 ans tué à son domicile de Sorgues en mars 2023, après avoir été piégé via un site de rencontres.
Initialement absente des réquisitions, la circonstance aggravante liée à l’homophobie a finalement été retenue par le parquet, à la suite notamment de l’intervention de l’association STOP homophobie, partie civile dans ce dossier.
Pour Me Étienne Deshoulières, avocat de l’association, cette évolution est déterminante :
« On ne peut pas rendre justice sans comprendre. Et dans cette affaire, on ne peut pas comprendre ce qui s’est passé si on ne retient pas la circonstance aggravante d’homophobie. »
Il élargit cette analyse à l’ensemble de ces violences :
« Les guet-apens homophobes ne sont pas un fait divers, pas plus que les féminicides ne sont un fait divers. Ce sont des violences fondées sur le genre, qui constituent un fait de société, un fait social qui appelle une réponse politique, et en particulier une réponse en termes de politique pénale. »
Dans ses réquisitions, l’avocat général a demandé 30 ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’accusé présenté comme l’instigateur, ainsi que 25 ans pour son coaccusé. Les faits jugés incluent également un second guet-apens survenu quelques jours après le meurtre, au cours duquel une autre victime homosexuelle a été séquestrée, blessée et dépouillée.
Ce procès met en lumière une mécanique de violences ciblées, fondée sur des pièges tendus à des hommes homosexuels, dans un contexte mêlant prédation, vulnérabilité et exploitation.
Au-delà des réquisitions, cette affaire marque une évolution importante dans la lecture judiciaire de ces violences : la reconnaissance du mobile homophobe souligne qu’il ne s’agit pas d’actes fortuits, mais de faits reposant sur un ciblage.
Pour Terrence Khatchadourian, cette évolution est significative :
« La justice reconnaît que ces violences ne relèvent pas du hasard, mais d’un ciblage. Une étape essentielle, alors que les guet-apens visant des hommes homosexuels continuent de révéler une réalité encore trop souvent minimisée. »
Le jugement sera rendu ce lundi 15 juin.
Source : audience du 5 juin 2026 devant la cour d’assises de Vaucluse, avec éléments complémentaires communiqués par Me Étienne Deshoulières, avocat de STOP homophobie.













