Six jeunes hommes ont été condamnés ce mercredi 22 juillet par le tribunal correctionnel de Sarreguemines (Moselle) à des peines allant de 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, à cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, pour une série de guet-apens visant des hommes homosexuels contactés via Grindr.
Les faits se sont déroulés entre juillet et octobre 2025. Les prévenus fixaient des rendez-vous à leurs victimes avant de les piéger avec l’aide de complices, parfois cagoulés, qui surgissaient pour les menacer et leur extorquer de l’argent.
Les victimes étaient contraintes de remettre des espèces, d’effectuer des virements bancaires, jusqu’à plusieurs milliers d’euros, et de céder leurs téléphones. Les agresseurs prenaient également en photo leurs papiers d’identité et leurs plaques d’immatriculation afin de les dissuader de porter plainte.
Au total, entre 13 et 20 faits sont suspectés. Sept victimes ont été identifiées à ce stade, dont trois se sont constituées parties civiles.
Plusieurs témoignages ont fait état de violences physiques. Un homme de 28 ans a évoqué une agression menée par plusieurs individus armés d’un taser. Une autre victime a subi des coups lui causant trois côtes cassées et 30 jours d’incapacité totale de travail. À la barre, certains ont dénoncé un ciblage assumé. « Les homosexuels sont des proies faciles », a rapporté l’une des victimes.
Le caractère homophobe non retenu par la justice
Le caractère homophobe n’a pas été retenu, même si les victimes ont rapporté des propos et un contexte clairement marqués par leur orientation sexuelle. STOP homophobie rappelle régulièrement que les violences visant des personnes homosexuelles dans le cadre de guet-apens organisés en ligne doivent être analysées avec attention.
Le parquet avait requis des peines sévères, estimant que la gravité des faits aurait pu justifier une présentation devant une cour d’assises. Le représentant du ministère public, Aurélien Rubio, a mis en doute la sincérité des regrets exprimés par certains prévenus, évoquant des remords « de façade ».
Les six jeunes hommes avaient été placés en détention provisoire le 29 octobre 2025. Cinq comparaissaient libres après leur remise en liberté, tandis que le principal mis en cause, présenté comme le plus violent, reste incarcéré.
Un phénomène en hausse
En France, un guet-apens visant des personnes LGBT+ était signalé tous les quatre jours en 2024. Une charte de prévention a été signée en mars 2026 entre l’État, plusieurs plateformes de rencontre, dont Grindr, et des associations, afin de renforcer la sécurité des utilisateurs et faciliter les signalements.
Pour STOP Homophobie, ces violences illustrent la persistance de stratégies ciblant spécifiquement les personnes LGBT+, en exploitant leur isolement et la confidentialité des applications. L’association appelle à renforcer la prévention, à encourager les dépôts de plainte et à améliorer la reconnaissance des motivations discriminatoires dans les procédures judiciaires.
Nous invitons toute personne victime ou témoin de violences LGBT+phobes à se rapprocher de nos équipes pour un accompagnement juridique, social et psychologique.
















