La cour d’assises du Vaucluse a reconnu, ce lundi 8 juin, le caractère homophobe de violences commises à Sorgues en 2023, ayant entraîné la mort d’un homme et l’agression d’un autre, dans une affaire de guet-apens visant des hommes homosexuels rencontrés en ligne.
Plusieurs accusés ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 22 ans de réclusion criminelle. La cour a retenu, pour les faits les plus graves, la qualification de vol avec violences ayant entraîné la mort, assortie de la circonstance aggravante d’homophobie. Cette circonstance a également été retenue pour des faits d’extorsion avec arme et de séquestration commis contre une seconde victime.
Les faits remontent à mars 2023. Un homme de 30 ans avait été tué à son domicile après avoir été piégé via un site de rencontres. Quelques jours plus tard, une autre victime avait été attirée selon un mode opératoire similaire, avant d’être séquestrée, violentée et dépouillée.
À l’audience, les débats ont mis en évidence un schéma récurrent : des hommes contactés en ligne, ciblés en raison de leur orientation sexuelle réelle ou supposée, puis attirés dans un rendez-vous servant de piège. Leur intimité et leur isolement ont été exploités pour faciliter le passage à l’acte.
La reconnaissance du mobile homophobe constitue un point central de la décision. Initialement absente des réquisitions, cette circonstance aggravante a été retenue par la cour, marquant une évolution dans l’analyse judiciaire de ce type de faits.
Pour Me Étienne Deshoulières, avocat de l’association STOP homophobie, partie civile, « les guet-apens visant les personnes LGBT+ doivent être nommés pour ce qu’ils sont ». Selon lui, « lorsqu’un homme est ciblé en raison de son orientation sexuelle, dans un contexte de rencontre intime, la dimension homophobe ne peut être ignorée ».
L’association salue une décision qui, au-delà des peines prononcées, reconnaît la spécificité de ces violences. Elle souligne que ces affaires ne relèvent pas de faits isolés mais d’un phénomène identifié, régulièrement documenté par les associations et les autorités.
En France, les guet-apens homophobes font l’objet d’une attention croissante. Le ministère de l’Intérieur a relevé ces dernières années une augmentation des violences visant les personnes LGBT+, dans un contexte où les rencontres en ligne peuvent être détournées à des fins de prédation.
Pour STOP homophobie, cette décision « marque une étape importante » : reconnaître le mobile homophobe, c’est établir que ces violences reposent sur un ciblage et non sur le hasard. L’association appelle à une prise en compte systématique de cette circonstance lorsque les faits le justifient.
Elle rappelle enfin que ces violences ont des conséquences durables, touchant les victimes dans leur intégrité physique mais aussi dans leur vie privée, leur dignité et leur liberté d’être elles-mêmes.













