Agression LGBTphobe à Nancy : cinq suspects déférés, une avancée dans l’enquête

Près de deux mois après l’agression de trois jeunes à Nancy, l’enquête a connu une avancée majeure avec l’interpellation de plusieurs suspects, a indiqué le parquet.

Dans la nuit du 10 au 11 avril 2026, Melvyn, Naomi et Saya quittaient un établissement de nuit situé place Stanislas lorsqu’ils ont été pris à partie puis roués de coups à proximité du parking Vaudémont, en plein centre-ville.

D’après leurs déclarations, les faits se sont accompagnés d’insultes homophobes visant Melvyn ainsi que de propos liés à l’identité de genre de Naomi, femme transgenre connue sur les réseaux sociaux. Tous ont déposé plainte.

L’affaire avait suscité une vive émotion, localement comme au niveau national. Le maire, Mathieu Klein, avait dénoncé les faits. Un rassemblement réunissant plusieurs centaines de personnes s’était tenu devant l’Hôtel de Ville pour dénoncer les actes visant les personnes LGBTQIA+.

Le 1er juin, plusieurs personnes ont été interpellées dans le cadre des investigations. Selon le parquet de Nancy, cinq suspects ont été déférés : deux majeurs âgés de 18 et 19 ans et trois mineurs de 15 ans.

Une information judiciaire a été requise, notamment pour des faits de violences volontaires en réunion, avec circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours.

« Je suis soulagé et reconnaissant de voir que cette affaire a été prise au sérieux », a réagi Melvyn, saluant le travail des enquêteurs ainsi que le soutien des autorités locales et de l’association STOP homophobie.

Malgré cette avancée, le jeune homme décrit un quotidien marqué par la peur. « Je fais davantage attention à mes déplacements, j’évite d’être seul et je reste constamment vigilant. Ce sentiment d’insécurité ne devrait jamais faire partie du quotidien de quelqu’un en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre », témoigne-t-il.

Dans plusieurs déclarations relayées par la presse, des proches de certains mis en cause ont contesté le caractère homophobe, estimant que l’orientation sexuelle n’était pas connue au moment des faits.

Un argument que Melvyn rejette. « Encore aujourd’hui, certaines personnes ciblent celles et ceux qu’elles perçoivent comme appartenant à la communauté LGBT+, parfois simplement en raison de leur apparence ou des personnes avec lesquelles elles se trouvent », affirme-t-il.

Il rappelle également que ces actes continuent de faire des victimes en France, évoquant notamment la mort récente d’un jeune homme de 19 ans à Metz après une attaque à caractère homophobe, affaire dans laquelle STOP Homophobie s’est constituée partie civile.

S’il appartient désormais à la justice de déterminer les responsabilités et les motivations, Melvyn dit garder confiance dans la procédure. « Je sais ce que nous avons vécu et à quel point cette violence nous a marqués. Les actes homophobes et transphobes doivent être dénoncés, poursuivis et sanctionnés ».

STOP Homophobie reste mobilisée aux côtés des victimes.

Cette avancée constitue une étape importante pour Melvyn, Naomi et Saya. Elle rappelle aussi que les actes visant les personnes LGBTQIA+ ne peuvent être ni ignorés ni banalisés.