L’Allemand Timo Cavelius est entré dans l’histoire du judo en devenant, aux Jeux olympiques de Paris 2024, le premier homme ouvertement gay à participer à une compétition olympique dans cette discipline. Quelques mois après cette première historique, le sportif revient sur son parcours et sur les années de silence qui ont précédé son coming out public.
Âgé de 29 ans, membre de l’équipe nationale allemande dans la catégorie des moins de 81 kg, Cavelius figure parmi les meilleurs judokas allemands de sa catégorie. Il compte plusieurs médailles sur le circuit international de la Fédération internationale de judo (IJF) et s’était qualifié pour les Jeux de Paris après plusieurs performances remarquées, notamment une deuxième place au Grand Slam d’Almaty en 2024.
Mais derrière ses résultats sportifs se cache aussi une histoire personnelle devenue un symbole pour de nombreux athlètes LGBTQIA+.
Dans une tribune publiée par le quotidien allemand Tagesspiegel dans le cadre de sa série « Sport Pride », Cavelius explique avoir fait son coming out auprès de ses parents et de ses coéquipiers dès 2015, alors qu’il ne l’a rendu public qu’en 2020. À cette époque, il explique que la pression liée aux compétitions, aux championnats du monde, aux examens scolaires et au poids du secret était devenue trop difficile à supporter.
« Il fallait arrêter de se cacher », écrit-il, expliquant que sa principale inquiétude n’était pas d’assumer son orientation sexuelle, mais la réaction de son entourage. Il craignait notamment que son homosexualité puisse modifier le regard de ses partenaires d’entraînement dans un sport où le contact physique et la proximité des corps occupent une place centrale.
Ces craintes ne se sont finalement pas confirmées. Ses coéquipiers ont accueilli son annonce avec bienveillance, certains lui affirmant que seule sa performance sur le tatami comptait. Pour Cavelius, ce moment a représenté un immense soulagement et lui a permis de pratiquer son sport avec davantage de liberté.
Le judoka souligne toutefois que les préjugés n’ont pas totalement disparu. Il explique avoir parfois été confronté à des remarques homophobes banalisées dans le milieu sportif ou sur les réseaux sociaux, mais considère aussi que son parcours contribue à faire évoluer les représentations. Il insiste notamment sur le fait que l’homosexualité ne correspond pas à un profil unique : « des hommes masculins peuvent être gays, comme des hommes plus efféminés peuvent être hétérosexuels ».
À Paris 2024, Cavelius n’a pas décroché de médaille. Il a été éliminé dès son premier combat face à l’ancien champion du monde israélien Sagi Muki, mais sa présence sur le tatami olympique restera une étape importante dans l’histoire de la visibilité LGBTQIA+ dans le sport de haut niveau.
Désormais, le judoka assume pleinement son rôle de modèle. Il explique vouloir transmettre aux jeunes sportifs LGBTQIA+ le message qu’il aurait lui-même aimé recevoir : il est possible de réussir au plus haut niveau sans renoncer à son identité. Avec les Jeux de Los Angeles 2028 en ligne de mire, Cavelius espère poursuivre son parcours sportif tout en continuant à ouvrir la voie à d’autres athlètes.
















