Au Niger, la peur s’installe parmi les personnes LGBTQ+. Quelques semaines après l’adoption par la junte militaire d’un nouveau code pénal criminalisant les relations entre personnes de même sexe, une vague d’arrestations est signalée à travers le pays.
Jusqu’à une quarantaine de personnes auraient été interpellées, selon des sources locales concordantes. Parmi elles figureraient des civils, mais aussi des membres des forces de sécurité. Si ces informations ne peuvent pas toutes être vérifiées de manière indépendante, elles témoignent d’un climat de répression inédit dans un pays où l’homosexualité n’était pas explicitement interdite par la loi jusqu’à récemment.
Adopté en juin 2026, le nouveau texte prévoit des peines pouvant aller de cinq à dix ans d’emprisonnement pour des relations entre personnes de même sexe, ainsi qu’une amende pouvant atteindre 100 millions de francs CFA (environ 150 000 euros). Des sanctions plus lourdes sont également prévues dans certaines situations, notamment lorsqu’il est question d’union ou d’organisation collective.
DDepuis l’entrée en vigueur de cette législation, des personnes LGBTQ+ vivent dans la crainte d’être dénoncées, arrêtées ou exposées publiquement. Des témoins et des organisations locales décrivent un climat de suspicion qui pousse certaines personnes à se cacher, à quitter leur domicile ou à interrompre leurs activités quotidiennes.
En France, STOP homophobie a aussi reçu plusieurs appels de personnes inquiètes face à l’évolution de la situation au Niger. Ces sollicitations témoignent de l’angoisse grandissante parmi les personnes concernées et leurs proches, confrontés à l’incertitude et à la peur des conséquences de cette nouvelle législation. Des acteurs locaux dénoncent une véritable « chasse aux sorcières », menée dans un contexte politique marqué par une montée des discours hostiles envers les minorités sexuelles.
Cette répression ne menace pas seulement les libertés individuelles. Elle a également des conséquences directes sur la santé publique. Des acteurs engagés dans la lutte contre le VIH alertent sur une baisse de l’accès aux dispositifs de prévention et de soins. Comme au Sénégal après le durcissement de la législation anti-LGBT, certaines personnes renoncent désormais à consulter par peur d’être identifiées. Des organisations ont également dû réduire ou suspendre certaines activités, mettant en danger des programmes essentiels de dépistage, d’accompagnement et de prévention.
À l’international, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une législation qui expose davantage les personnes LGBTQ+ aux violences, aux discriminations et à l’exclusion. Elles rappellent que la criminalisation de l’homosexualité ne protège aucune société, mais contribue au contraire à renforcer la clandestinité, l’isolement et les risques sanitaires.
Le Niger rejoint ainsi plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ayant récemment renforcé leur arsenal juridique contre les personnes LGBTQ+. Cette évolution inquiète les défenseurs des droits humains, qui alertent sur un recul des libertés fondamentales dans une région où les minorités sexuelles sont déjà confrontées à de fortes pressions sociales et politiques.
Pour de nombreuses personnes LGBTQ+ au Niger, l’enjeu est désormais celui de la sécurité au quotidien. Entre la peur d’une arrestation, le risque de rejet familial ou social et les difficultés d’accès aux services essentiels, une communauté entière se retrouve contrainte de vivre dans l’ombre.















