Concert de Youssou N’Dour à Paris : des réfugié·es LGBTQIA+ sénégalais·es expriment leur malaise

À Paris, l’annonce du concert de Youssou N’Dour, prévu le 17 octobre 2026 à l’Accor Arena, suscite une vive incompréhension parmi des personnes réfugiées LGBTQIA+ originaires du Sénégal.

STOP homophobie a été sollicitée par Arc Essentiel, structure engagée dans l’accompagnement de personnes exilées LGBTQIA+ en France. Plusieurs réfugié·es sénégalais·es ont en effet exprimé leur malaise face à la venue de l’artiste, en raison de certaines prises de position publiques passées et du silence de figures influentes sur les violences visant les personnes LGBT+ dans leur pays d’origine.

Le Sénégal vient récemment de durcir sa législation visant les personnes LGBT+, dans un contexte déjà marqué par la pénalisation des relations entre personnes de même sexe. Dans les faits, de nombreuses personnes concernées vivent cachées, exposées à des violences, à des arrestations arbitraires ou contraintes à l’exil.

Plusieurs témoignages évoquent notamment des propos tenus par Youssou N’Dour lors d’une interview accordée à TV5 Monde il y a quelques années. L’artiste y affirmait que les pays occidentaux devaient « laisser les pays décider selon leurs réalités », estimant que les cadres juridiques européens ne pouvaient être transposés au Sénégal, et se prononçait en faveur de sanctions contre l’homosexualité dans son pays.

Ces déclarations ne peuvent être dissociées des réalités vécues aujourd’hui par les personnes concernées. STOP homophobie a été saisi par des personnes ayant fui des violences et faisant part de leur incompréhension. Ce décalage entre reconnaissance internationale et réalité vécue doit être regardé en face.

Sans remettre en cause la liberté artistique ni la tenue d’événements culturels, nous appelons à une prise de responsabilité des personnalités publiques disposant d’une audience internationale. Les mots ont un poids. Dans des contextes où les personnes LGBTQIA+ sont criminalisées, ils peuvent contribuer à légitimer des violences ou, au contraire, à les faire reculer.

STOP homophobie rappelle également qu’il ne peut y avoir d’opposition entre contextes culturels et droits fondamentaux. Les droits humains ne sont pas relatifs et concernent toutes et tous, partout.

Plusieurs acteurs associatifs appellent ainsi à un débat public tenant compte des témoignages des personnes directement concernées et des enjeux liés à la responsabilité des figures publiques à l’échelle internationale.

Arc Essentiel souligne pour sa part que « les personnes que nous accompagnons ne comprennent pas que certaines figures publiques puissent être célébrées sans qu’il soit rappelé le contexte dans lequel elles ont pu tenir des propos ayant un impact sur les personnes LGBTQIA+ ».