La marche des fiertés ougandaise annulée après des menaces d’arrestations et violences policières

Les organisateurs avaient pourtant « pris les devants, jouant la discrétion absolue », pour annoncer leur programmation aux journalistes qu'au dernier moment. Toute mention sur les réseaux sociaux étant évidemment proscrite. Mais ces précautions n’auront pas suffi. Il n'y aura pas de Pride cette année pour les LGBT ougandais, rapporte le Monde.

Ce mercredi 16 août, les forces de l’ordre ont notamment investi, dans la matinée, le lieu où devait se dérouler le gala d’ouverture, pour interdire l’événement, « prétextant que nous étions en train de “recruter” », déplore Kasha Jacqueline Nabagesera. Et les descentes se sont encore multipliées dans la journée, partout où les festivités devaient se dérouler, alors que des discussions étaient en cours avec la police.

Les organisateurs ont été contraints de tout annuler, en particulier la parade de ce samedi 19. « C’était une décision très dure à prendre, mais à la fin, nous devons penser à la sécurité de la communauté », poursuit Kasha Nabagesera.

Les menaces d’arrestations pleuvaient depuis deux semaines. Le lundi 14, la militante avait d'ailleurs eu une conversation avec le révérend Simon Lokodo, ministre de l’éthique et de l’intégrité, connu pour ses discours haineux, voire paranoïaques, à l'encontre des LGBT. Il avait averti, s'il en a l'occasion et que la marche est maintenue, de s'en prendre physiquement aux leaders du mouvement : « Je suis clair à 100 %. L'organisation d'un événement tel qu'une parade est illégale selon mon jugement et, par conséquent, ne doit pas se dérouler. »

L’année dernière, déjà, suite aux pressions gouvernementales et malgré les reports de date et de lieu, la célébration avait finalement été interrompue et les participants évacués.

Notons qu'en dépit de l’abandon en 2013 d’une loi particulièrement homophobe (perpétuité pour les récidivistes et l'obligation à la délation), les personnes homosexuelles encourent toujours des peines de prison en Ouganda. Plusieurs personnalités politiques, dont la présidente du Parlement, se sont même récemment prononcées pour un nouveau durcissement de la répression.

Anne V. Besnard
stophomophobie.com

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