Contenus anti-LGBT en ligne : le premier vice-président RN de Grand Besançon Métropole démissionne

Franck Bernard, maire de Chevroz (Rassemblement national), a démissionné de ses fonctions de vice-président de Grand Besançon Métropole (Doubs) à la suite de révélations concernant un compte Facebook pseudonyme associé à son nom, « Seven FK », ayant diffusé et relayé des contenus racistes, sexistes et anti-LGBT.

Selon une enquête du média local Le Ch’ni, confirmée et approfondie par Mediapart, ce compte anonyme a été actif pendant plusieurs années. Il y aurait partagé de nombreuses publications visant les personnes LGBT+, les personnes migrantes et les mouvements féministes, dans une logique de dénigrement régulier des droits à l’égalité et des luttes contre les discriminations.

Parmi les contenus identifiés figurent des visuels et messages opposant les personnes LGBT+ à la « famille traditionnelle », des critiques virulentes du féminisme et du « wokisme », ainsi que des publications reprenant des stéréotypes racistes ou hiérarchisant les populations selon des critères supposés de « quotient intellectuel ».

Lors d’une séance du conseil communautaire de Grand Besançon Métropole, Franck Bernard a reconnu être lié à ce compte, tout en affirmant qu’il s’agissait d’un usage privé et qu’il relayait des contenus sans en être l’auteur direct. Il conteste toute volonté discriminatoire et rejette les accusations de racisme ou d’homophobie, estimant que ses propos seraient mal interprétés.

Ces explications n’ont pas convaincu plusieurs élus locaux, toutes sensibilités politiques confondues, qui ont dénoncé des contenus jugés incompatibles avec les responsabilités exercées au sein de l’exécutif intercommunal. Le président de la métropole, Ludovic Fagaut, a pris ses distances, indiquant ne pas cautionner ces publications et annonçant que des « mesures seraient prises ».

Face aux tensions politiques, Franck Bernard a transmis sa démission de son poste de vice-président de Grand Besançon Métropole. Cette fonction lui avait été confiée en avril, dans un contexte déjà controversé en raison de l’entrée du Rassemblement national dans l’exécutif communautaire.

Plusieurs élus de l’agglomération avaient alors dénoncé une normalisation de l’extrême droite au sein de l’institution, et alerté sur le risque de banalisation de discours hostiles aux minorités.

Cette nouvelle polémique illustre également la circulation de récits politiques dénigrant les droits des personnes LGBT+, notamment autour de notions comme le « wokisme » ou la « théorie du genre », régulièrement mobilisées dans certains espaces militants d’extrême droite.

À ce stade, l’élu reste maire de sa commune. Aucune procédure judiciaire n’a été annoncée publiquement à la suite de ces révélations.