La Journée internationale de lutte contre les LGBT+phobies est célébrée ce 17 mai dans plus de 150 pays, dans un contexte marqué par de fortes disparités entre avancées juridiques et reculs préoccupants pour les droits des personnes LGBTQIA+.
Créée en 2005, cette journée commémore la décision de l’Organisation mondiale de la santé, en 1990, de retirer l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Pour l’édition 2026, le thème retenu met en avant le lien entre diversité et démocratie, rappelant que la protection des minorités constitue un indicateur central du respect des droits fondamentaux.
Des reculs préoccupants dans plusieurs régions du monde
Dans plusieurs régions du monde, la situation continue de se dégrader. Si certains États ont renforcé ces dernières années la reconnaissance des droits des personnes LGBTQIA+, d’autres prennent le chemin inverse.
En Afrique de l’Ouest, le Sénégal a adopté le 31 mars dernier une loi durcissant la répression des relations entre personnes de même sexe. Le texte prévoit des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement et sanctionne également la « promotion » de l’homosexualité.
Cette évolution expose davantage les personnes concernées à des arrestations, à des violences et à une stigmatisation accrue, dans une région où plus de la moitié des pays criminalisent encore les relations entre personnes de même sexe.
Une Europe des droits profondément inégale
En Europe, les écarts entre pays restent importants. D’après la Rainbow Map 2026 publiée par ILGA-Europe, l’Espagne arrive en tête du classement avec près de 90 % des critères remplis, portée par des avancées en matière de reconnaissance du genre, de protection contre les discriminations et de droits familiaux.
À l’opposé, des pays comme la Pologne, la Roumanie ou la Turquie affichent des niveaux de protection nettement plus faibles. La Hongrie est, elle, régulièrement critiquée pour des lois limitant la visibilité des personnes LGBTQIA+, notamment auprès des mineurs.
En France, des droits reconnus mais encore incomplets
La France se situe à la 15e place, avec un score d’environ 61 %. Cette position reflète un cadre juridique globalement établi, mais encore incomplet.
Dans son rapport 2026, STOP homophobie estime que 46 critères sur 75 sont remplis, sur la base d’une grille inspirée des standards européens. Cette évaluation couvre notamment la reconnaissance légale du genre, les droits familiaux, la protection contre les discriminations et la pénalisation des violences.
Si des avancées existent, des lacunes persistent, en particulier pour les personnes transgenres et intersexes, ainsi que dans l’application concrète des droits.
Des violences toujours présentes et sous-déclarées
Dans le même temps, les données du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) font état de 4 900 infractions anti-LGBT+ enregistrées en 2025, incluant injures, menaces et agressions physiques, soit une hausse de 2 % sur un an.
Ces chiffres restent en deçà de la réalité. Le ministère souligne que le taux de dépôt de plainte demeure très faible, estimé à environ 3 % des victimes, révélant l’ampleur de la sous-déclaration.
Sur le terrain, STOP homophobie continue d’accompagner des victimes confrontées à ces obstacles, qu’il s’agisse de refus de plainte, de difficultés d’accès au droit ou de suites judiciaires insuffisantes.
Une journée d’alerte au-delà du symbole
Au-delà de la dimension symbolique, le 17 mai reste une journée d’alerte. Elle rappelle que les droits LGBTQIA+ demeurent fragiles, inégalement appliqués et parfois remis en cause.
Pour STOP homophobie, l’enjeu est clair : garantir une protection effective des personnes LGBTQIA+, en France comme à l’international, et faire en sorte que l’égalité et la dignité soient pleinement respectées dans les faits.















