35 ans après sa dépénalisation en France, l’homosexualité toujours condamnée dans au moins 75 pays (VIDEOS)

 

Le 27 juillet 1982, l'Assemblée Nationale votait la dépénalisation de l'homosexualité, en abrogeant définitivement une disposition du Code pénal, héritée du régime de Vichy mais restée en vigueur jusque l'application le 4 août suivant de la loi « Forni », rapportée par Gisèle Halimi et soutenue par Robert Badinter, alors ministre de la Justice. La mesure était au programme de la campagne de François Mitterrand pour l'élection de 1981.

À l’époque, quelque 155 députés RPR voteront contre le texte, parmi lesquels Jacques Chirac, Jacques Chaban Delmas, Philippe Seguin ou encore François Fillon, qui tentera lors de la présidentielle 2017 de s'en justifier prétextant « une guerre sans merci avec la gauche ». Il fallait « faire comme tout le monde ». Mais c’était il y a 35 ans...

Depuis, plusieurs pays ont légiféré vers une protection égale à chaque citoyen. Une vingtaine, dont 15 en Europe, ont également ouvert le mariage aux couples homosexuels : les Pays-Bas en 2001, la Belgique en 2003, l’Espagne en 2005, la Norvège puis la Suède en 2009, le Portugal et l’Islande en 2010, le Danemark en 2012, la France en 2013, suivie de la Grande-Bretagne hormis l'Irlande du Nord (Angleterre et Pays de Galles en 2013, Ecosse en 2014), le Luxembourg en 2015 ainsi que l'Irlande (à la suite d'un référendum), et enfin la Finlande en mars 2017, puis Malte en juillet et enfin l'Allemagne, où la loi devrait entrer en vigueur à l'automne.

Mais la situation est très différente dans au moins 75 autres pays du monde, notamment au Pakistan, en Afghanistan, en Arabie saoudite, au Brunei, en Iran, Irak et Syrie (dans les territoires contrôlés par l'État islamique), en Mauritanie, au Nigeria (dans les 12 états du Nord ayant adopté la Charia), au Qatar, au Soudan, en Somalie (dans les émirats islamiques régis par Al-Shabbaab) et au Yémen, 13 pays donc, qui assassinent encore légalement les personnes pour leur orientation sexuelle réelle ou supposée.

« 1 par an depuis 2011. C'est une Shoah permanente », avait constaté en mai dernier dans un entretien avec Monsieur Badinter, Alexandre Marcel, président du Comité français co-organisateur de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie.

Et quand les LGBT ne se retrouvent pas hors la loi, ils sont victimes de discriminations, de violences et comme en Tchétchénie, d’actes de torture et d'assassinats de masse, que le régime autoritaire de Ramzan Kadyrov continue de nier.

Absentéisme politique, désintérêt de l'opinion... rien n'est acquis, tout est à refaire.

Et les revirements de Donald Trump aux États-Unis en est un argument tout aussi préoccupant. Il a annoncé mercredi 26 juillet dans un tweet vouloir « interdire » aux transgenres de servir sous les drapeaux, parce qu'il ne pouvait plus désormais « supporter les coûts médicaux démesurés » et les «  perturbations que leur présence entraînent dans l’armée ». Il y en aurait entre 2.500 et 7.000 sur les 1,3 million de militaires en activité, selon le ministère de la Défense américain, 15.000 estime Human Rights Campaign, pour un « coût » de 2,5 à 8 millions de dollars. Trump avait déjà mis fin en février à un dispositif de protection pour les droits des transgenres dans le système public de l’éducation.

Et puis, rappelons, pour finir sur nos « repères », qu'au sein de STOP homophobie, nous avons recensé plus de 33000 témoignages d'actes LGBTphobes depuis 2013 et le vote de la loi Mariage pour tous en France.

Mathieu Mercuri
stophomophobie.com

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