À Washington, une trentaine de militaires et de personnes souhaitant s’engager dans l’armée ont saisi la justice pour contester leur exclusion en raison de leur identité de genre.
Au cœur de cette affaire, baptisée Talbott v. Trump, un décret signé en janvier 2025 par le président Donald Trump prévoit d’interdire aux personnes transgenres de servir dans l’armée américaine.
Au cœur de cette affaire, baptisée Talbott v. Trump, un décret signé en janvier 2025 par le président Donald Trump prévoit d’interdire aux personnes transgenres de servir dans les forces armées américaines. Une décision dénoncée par les plaignant·es comme une discrimination injustifiée, visant des militaires pourtant déjà en poste pour certain·es.
Mais au-delà de la contestation de cette mesure, leur démarche vise un objectif plus large. Ils demandent à la justice de reconnaître leur recours comme une action collective. Cette procédure, fréquente aux États-Unis, permettrait que la décision finale s’applique à toutes les personnes concernées par cette politique, et pas seulement aux plaignant·es à l’origine du recours.
Cette stratégie s’explique par une évolution récente du droit américain. Une décision de la Cour suprême des États-Unis a en effet limité la possibilité pour les juges de suspendre une mesure à l’échelle nationale. Sans reconnaissance en action collective, une éventuelle victoire judiciaire pourrait donc ne bénéficier qu’aux plaignant·es, laissant les autres militaires trans exposé·es à cette interdiction.
Dans les documents transmis au tribunal, les militaires concernés décrivent des conséquences très concrètes, dont une incertitude sur leur avenir au sein de l’armée, des carrières brutalement interrompues, ou encore des difficultés d’accès aux soins. Selon eux, cette politique crée une exclusion généralisée, appliquée de manière uniforme dans l’ensemble des forces armées.
Ces dernières années, plusieurs mesures ont visé leur accès à certains droits fondamentaux, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation ou de la participation à la vie publique.
L’enjeu dépasse largement le cadre militaire. Il s’agit de savoir si une politique peut exclure, de manière systématique, une catégorie de la population en raison de son identité de genre.
Pour les plaignant·es, être apte à servir son pays ne devrait pas dépendre de son identité de genre.

















