Primaire « Choisir 2027 » : les engagements sur les droits LGBTQIA+

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, HES LGBTI+ a interrogé les cinq candidats à la primaire de la gauche « Choisir 2027 » sur leurs engagements en faveur des droits des personnes LGBTQIA+. Seuls Olivier Faure et Jérôme Guedj ont répondu au questionnaire. L’équipe de Raphaël Glucksmann a invoqué un délai trop court, tandis que Ségolène Royal et Emmanuel Maurel n’ont pas donné suite.

Publié le 8 octobre, ce questionnaire comprend 26 engagements et neuf questions ouvertes. Il aborde notamment la lutte contre les violences et les discriminations, les droits des personnes trans et intersexes, l’accès aux soins, l’éducation et les droits des familles.

La démarche avait été lancée le 21 septembre, avec une première date limite fixée au 1er octobre. Après plusieurs relances, les équipes ont pu transmettre leurs réponses jusqu’au 6 octobre. Le nombre limité de réponses ne permet donc pas de comparer les positions des cinq candidats sur une même base. Il ne signifie pas pour autant que les équipes qui n’ont pas répondu sont opposées aux droits LGBTQIA+.

Des propositions communes contre les LGBTphobies

Olivier Faure et Jérôme Guedj soutiennent tous deux le renforcement de la lutte contre les LGBTphobies, notamment par la création de référents LGBTI+ dans la police, la gendarmerie et la justice. Ils défendent également la mise en œuvre effective de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) à l’école, ainsi qu’une meilleure formation des personnels éducatifs à la prévention des discriminations.

Les deux candidats sont favorables à l’accès des personnes trans aux parcours de transition et à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux personnes trans. Ils soutiennent aussi l’égalité dans l’adoption et la reconnaissance de la filiation des enfants nés légalement d’une gestation pour autrui (GPA) à l’étranger.

Sur le plan international, ils défendent la dépénalisation universelle de l’homosexualité et le droit d’asile pour les personnes LGBTQIA+ persécutées dans leur pays.

Des différences sur les droits des personnes trans et intersexes

Les réponses font toutefois apparaître des divergences sur plusieurs évolutions législatives.

Olivier Faure soutient la possibilité de modifier la mention du sexe à l’état civil par une procédure déclarative en mairie. Il s’oppose également aux restrictions d’accès aux parcours de transition, y compris pour les mineurs. Concernant les personnes intersexes, il défend l’interdiction des interventions médicales non nécessaires pratiquées sans leur consentement.

Jérôme Guedj soutient l’accès aux parcours de transition et condamne la stigmatisation des personnes trans, mais ne se prononce pas sur plusieurs de ces propositions, notamment la procédure déclarative à l’état civil et les interventions médicales concernant les personnes intersexes.

La gestation pour autrui constitue un autre point de désaccord. Jérôme Guedj s’oppose à son ouverture en France, tandis qu’Olivier Faure estime que le débat ne doit pas être définitivement fermé, sans pour autant se prononcer en faveur de sa légalisation.

Les deux candidats divergent également sur la dépénalisation de l’usage des drogues. Jérôme Guedj y est opposé, alors qu’Olivier Faure souhaite une évaluation de la politique actuelle avant d’envisager une évolution. Ils se rejoignent néanmoins sur la nécessité de renforcer la prévention et la réduction des risques liés au chemsex, ainsi que de protéger les personnes qui appellent les secours en cas de surdose.

Le financement des associations, un enjeu concret

Le questionnaire aborde aussi les moyens accordés aux associations et aux centres LGBTI+. Olivier Faure défend un financement pluriannuel et structurel, afin que ces structures ne dépendent pas uniquement d’appels à projets. Il soutient également les dispositifs d’hébergement destinés aux jeunes rejetés par leur famille.

Ces financements sont essentiels pour les associations qui assurent l’écoute, accompagnent les victimes de violences et de discriminations ou orientent les personnes vers des professionnels. La continuité de ces missions suppose des moyens humains et financiers suffisants, sur lesquels les engagements politiques doivent apporter des réponses précises.

Les propositions présentées dans le questionnaire restent toutefois des engagements déclaratifs. Leur portée dépendra des mesures retenues, des budgets alloués et de leur mise en œuvre effective.

Des engagements à suivre jusqu’à la présidentielle

La publication de HES LGBTI+ permet de mieux connaître les positions de deux candidats sur des sujets qui concernent directement les personnes LGBTQIA+. Elle fait ressortir plusieurs points d’accord, mais aussi des différences sur les droits des personnes trans et intersexes, la GPA et la politique en matière de drogues.

Le fait que seules deux équipes sur cinq aient répondu limite cependant la portée de cette comparaison. Pour les trois autres, aucune conclusion ne peut être tirée sur la base de ce seul questionnaire.

À l’approche de 2027, les droits des personnes LGBTQIA+ doivent pleinement trouver leur place dans le débat présidentiel. Les associations, les citoyens et les personnes concernées sont en droit d’attendre des candidats des engagements clairs, des moyens à la hauteur des besoins et des mesures concrètes. Ces promesses devront être suivies et confrontées aux actes, car l’égalité des droits et la protection contre les LGBTphobies ne peuvent se limiter aux déclarations de campagne.