Mondial 2018 en Russie : les drapeaux arc-en-ciel autorisés en dépit de la loi réprimant la « propagande homosexuelle »

>> Russia signals World Cup spectators won’t be affected by country’s gay « propaganda » law.

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Alexeï Smertin, ancien milieu de terrain russe des clubs de Chelsea et Bordeaux, nommé inspecteur en charge des questions de racisme et de discrimination au sein de la Fédération de Russie de football, en prévision de la coupe du monde, dont il est également l’ambassadeur, a essuyé, ce mardi 5 décembre, toutes les inquiétudes autour des menaces que pourraient encourir les supporters LGBT, qui voudraient se rendre dans le pays pour assister à l’événement.

Il n’y a aucun risque, a-t-il assuré, lors d’une conférence de presse à Moscou. « Personne n’ira en prison pour avoir exprimé des sentiments ». La loi réprime la « promotion des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs ». Je ne vois pas comment un supporter pourrait y contrevenir à moins d’en débattre dans une école.

La semaine dernière, l’association Fare, « Football contre le racisme en Europe », a annoncé la parution prochaine d’un guide de précautions pour « LGBT, noirs ou issus de minorités ethniques », évoquant « un risque d’intolérance » accru pendant les manifestations. Certaines régions étant peu cosmopolites, sinon enclines au nationalisme d’extrême droite, le réseau a estimé nécessaire d’alerter la communauté, en diffusant aussi un listing de lieux à éviter, le danger évoluant en fonction des villes « et du moment de la journée ».

Piara Powar, directeur exécutif de l’organisation, s’est réjoui de ces déclarations de l’inspecteur et engagements de l’Union de football russe, déterminés à œuvrer contre l’insécurité. « Les gens qui feront le déplacement ont besoin d’être rassurés, sollicités, protégés », a-t-il insisté. Des supporters, allemands et britanniques notamment, avaient manifesté leur intention d’agiter des drapeaux arc-en-ciel pendant les matches.

La FIFA était restée floue, et Federico Addiechi, responsable de la Durabilité et de la Diversité, avait argué du règlement de la fédération sportive, pour lever les doutes.
Alexeï Smertin a confirmé, il n’y aura aucune prescription ni sanction concernant les « rainbow flags » dans les stades.

L’homosexualité n’est plus un crime en Russie depuis 1993, mais la loi « anti-propagande homosexuelle » de 2013 a renforcé la stigmatisation et encouragé l’homophobie.

Saisie par trois militants LGBT russes, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné en juin la Russie pour cette législation, « incompatible avec les valeurs d’une société démocratique », ont souligné les juges. Les requérants, condamnés à des amendes pour avoir déployé une banderole devant un lycée, « l’homosexualité est normale », avaient perdu tous les recours dans leur pays, jusque devant la Cour constitutionnelle. Considérant qu’ils avaient été victimes d’une violation de leur liberté d’expression, ainsi que de discrimination, la CEDH a ordonné un dédommagement moral de 43.000 euros.

Valentine Monceau
stophomophobie.com