Russie : un enfant de 13 ans poursuivi pour « propagande LGBT »

Un enfant de 13 ans fait l’objet de poursuites administratives en Russie pour « propagande LGBT » et « démonstration de symboles extrémistes », selon une enquête du média indépendant russe Mediazona publiée le 22 mai 2026.

D’après les informations recueillies, il aurait montré un contenu (image ou vidéo) LGBT à d’autres élèves ou à des parents, qui ont alerté les autorités et engagé la procédure.

Deux infractions ont été retenues contre lui : la « propagande de relations sexuelles non traditionnelles », une qualification utilisée en Russie pour viser les contenus ou expressions liés aux personnes LGBT+, et la « démonstration de symboles extrémistes ».

Mais la loi russe prévoit en principe qu’un mineur de moins de 16 ans ne puisse être tenu administrativement responsable. Le dossier a donc été transmis à la commission des affaires de mineurs, chargée de suivre les situations dites « à risque » ou les infractions commises par des enfants.

Cette commission a finalement rendu deux décisions distinctes : un simple avertissement concernant l’accusation de « propagande LGBT », et, pour le second volet, une mesure beaucoup plus lourde. Elle a estimé que l’enfant « devait être corrigé » et a évoqué son possible placement dans un établissement éducatif fermé, une structure de type internat disciplinaire destinée aux mineurs considérés comme délinquants.

Selon l’avocate de la famille, l’adolescent serait déjà inscrit sur un registre de mineurs suivis par les autorités. Elle souligne pourtant qu’il a un bon niveau scolaire et aucun antécédent, et décrit un geste initialement perçu comme une plaisanterie entre enfants, sans intention de « propagande ».

La mère du garçon confirme l’existence de la procédure, mais refuse de donner davantage de détails.

La défense a déposé des recours pour contester les décisions de la commission, notamment la possibilité d’un placement en établissement fermé.

Au-delà de ce cas individuel, l’affaire montre surtout jusqu’où peuvent aller certaines législations qui assimilent des contenus liés aux personnes LGBT+ à des infractions, même lorsqu’ils sont diffusés ou partagés par des mineurs. Dans ce type de cadre juridique, un geste isolé peut suffire à déclencher une procédure administrative lourde, avec des conséquences éducatives potentiellement durables pour l’enfant concerné.