PMA pour toutes : Le Comité consultatif national d'éthique rendra un avis avant fin juin

PMA pour toutes : Le Comité consultatif national d'éthique rendra un avis avant fin juin

Alors candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s'était prononcé en mars dernier pour une extension de la PMA à des indications non plus seulement médicales, mais sociétales, au nom notamment de l’égalité hommes femmes, mais dans l'attente toutefois de l’avis du Comité d’éthique.

Ainsi, après deux ans de réflexion et de polémiques, le Pr Jean-François Delfraissy, par ailleurs spécialiste du sida et des maladies infectieuses et qui a pris la tête de cet organe consultatif en janvier, a annoncé mercredi que le Comité rendrait comme convenu son avis avant la fin du mois de juin, avec dans la foulée « un éclairage » sur la gestation pour autrui (GPA), toujours interdite en France.

« Il y aura des positions claires », l'avis du Comité sur cette question extrêmement polarisante « ne fera sûrement pas l'unanimité » et pourrait « déclencher des anticorps de part et d'autre », a-t-il prévenu.

La PMA, ensemble des techniques médicales destinées à aider les couples infertiles à avoir un enfant, telles que la fécondation in vitro ou le don de sperme, est aujourd'hui réservée aux hétérosexuels. Six Français sur dix (61%) seraient pourtant favorables à son ouverture à toutes les femmes. Une hausse de six points par rapport à 2014, selon un baromètre d'opinion réalisé par BVA en mars dernier pour la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques des ministères sociaux (Drees), qui révèle en outre que 50% des Français se prononcent aussi pour la gestation pour autrui (7 points de plus qu'en 2014).

La sécrétaire d'Etat à l'égalité hommes-femmes Marlène Schiappa a estimé que l'ouverture de a PMA était une « mesure de justice sociale » qui mettrait fin à une « forme de discrimination à l'égard des femmes lesbiennes et célibataires » et à « l'inégalité » entre celles qui ont les moyens financiers de recourir à la pratique à l'étranger et celles qui ne les ont pas.

« Le sujet reste très sensible. L'idée, c'est de faire des mesures qui soient acceptées par la société et que le débat ne dure pas », explique-t-elle, « les débats sur le mariage pour tous ont été trop longs et trop durs ».

Anne V. Besnard
stophomophobie.com