Exclue de @lamanifpourtous et peut-être expulsée de son appartement : Le nouveau combat de Frigide Barjot

Exclue de @lamanifpourtous et peut-être expulsée de son appartement : Le nouveau combat de Frigide Barjot

Exclue du mouvement dont elle a été porte-parole et aujourd’hui peut-être expulsée de son appartement, Frigide Barjot, l’héroïne des anti-mariage gay, vit des moments difficiles. L’ancienne porte-parole des opposants au mariage pour tous risque l’expulsion de son duplex parisien. La décision tombera aujourd’hui au tribunal d’Instance du 15e arrondissement.

La décision est attendue tranquillement par le couple. 

Frigide Barjot et Basile de Koch (oui, ce sont des pseudos) se disent dans leur bon droit. Ce logement, c’est un duplex de 173m² qu’ils disent louer 3.250 euros par mois. Situé à deux pas de la Tour Eiffel, le loyer est nettement en-dessous du marché.

C’est un appartement de la régie immobilière de la Ville de Paris. Basile de Koch, c’est le mari de Frigide Barjot, l’occupe depuis 1986. On lui reproche notamment d’y avoir domicilié sa société, Jalons. Sur cet aspect, il brandit une lettre envoyée par la régie il y a 27 ans, l’autorisant à installer le siège social de sa SARL à cette adresse.

Pas de doute pour Basile de Koch, cette procédure est la conséquence de la contestation que menait son épouse : « C’est un coup bas qui vient de haut. La Régie Immobilière de la Ville de Paris, c’est la voix de son Maître, la voix de son Maire, si vous préférez. Depuis 27 ans, pas une lettre, pas une mise en demeure, pas un coup de fil ou une remarque du gardien, rien ! Tout d’un coup, la bombe atomique, c’est-à-dire une assignation immédiate aux fins d’expulsion de toute la famille. Ce n’est pas un hasard. » Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, serait donc derrière cette procédure judiciaire, selon Basile de Koch.

Et dans le même temps, Frigide Barjot est victime de ses anciens amis. Elle vient d’être exclue de la Manif pour tous. Cela date de la semaine dernière. Elle ne fait officiellement plus partie du Conseil d’administration de ce mouvement dont elle a été l’égérie.

« On ne lâche rien ! »… sauf elle

« On ne lâche rien ! » scandait-elle sur les podiums devant plusieurs centaines de milliers de personnes qui manifestaient dans Paris. Elle n’imaginait pas que le mouvement finirait par la lâcher, elle. Dépassée par sa droite, les plus radicaux du mouvement.

Le mouvement s’est disloqué le jour du vote de la loi sur le mariage pour tous. « Pourquoi tout bascule le 23 avril ? Parce que le mouvement est très puissant et il y a des appétits politiques, analyse-t-elle aujourd’hui. Il y a des élections européennes qui approchent et je sais que certains, dans le monde catholique, veulent avoir un rôle au Parlement européen. Ce n’est pas ma vision des choses. » Virée de son mouvement et peut-être de son appartement, Frigide Barjot ne semble pourtant pas abattue. Elle a lancé son mouvement L’avenir pour tous et elle y croit.

Elle prône le changement constitutionnel de la loi Taubira pour préserver le mariage hommes / femmes et la filiation humaine. Même si ce n’est pas très visible pour le moment, Frigide Barjot en est convaincue : « C’est en train de bouger. »

 « On sait pardonner quand on est catholique »

Frigide Barjot n’évoque pas les blessures, les trahisons, les coups bas. C’est son ami Xavier Bongibault, ex porte-parole de la Manif pour tous lui aussi, qui le fait à sa place : « On est forcément touché quand on est menacé d’expulsion. On est forcément touché quand on reçoit des menaces de mort à l’encontre de ses enfants. Elle est forcément touchée. Tout est fait pour essayer de la faire taire, même les pires bassesses mais elle ne se taira pas. »
Et elle se dit tout à fait prête à faire la paix avec ses anciens amis pour lancer un mouvement sur un mot d’ordre commun contre la procréation médicalement assistée (PMA) et sans stigmatiser les homosexuels. Elle pourrait faire fi des trahisons : « Je suis chrétienne. Il y a eu des erreurs, voire des violences et des exclusions. On sait pardonner quand on est catholique maintenant il faut que chacun reconnaisse ses erreurs. »

Elle reconnaît hors micro qu’elle ne croit pas vraiment à une nouvelle alliance. Elle aimerait que son combat soit maintenant relayé par un homme politique, elle cite François Fillon sans grande conviction. Car les élus qui se précipitaient sur les podiums à ses côtés ne répondent plus à ses appels.

Par Richard Place
franceinfo.fr