Sébastien Scarpinato, adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine chargé de la lutte contre les discriminations, a rendu publiques lundi plusieurs menaces de mort et insultes homophobes qu’il a reçues. Les messages visent également son compagnon et ses proches et font explicitement référence à une éventuelle victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.
« Je vais attendre l’élection de Marine Le Pen pour m’occuper de toi. » Dans l’un des messages publiés par Sébastien Scarpinato sur Instagram, l’auteur annonce vouloir s’en prendre à l’élu et à ses proches au lendemain de la présidentielle de 2027, allant jusqu’à mentionner la date du 3 mai 2027.
L’élu indique avoir déposé plainte. Il remercie également la Ville d’Ivry-sur-Seine, son maire Philippe Bouyssou et les élus municipaux pour leur soutien.
Une séquence politique tendue à Ivry
Ces menaces interviennent dans un contexte de fortes tensions au sein du conseil municipal d’Ivry-sur-Seine. En juin, une séance avait été interrompue après un incident impliquant Kévin Nader, élu du Rassemblement national, qui avait notamment brandi un crucifix dans l’hémicycle. Le maire Philippe Bouyssou lui avait demandé de quitter la séance.
Dans les jours qui ont suivi, la municipalité a fait état d’un cyberharcèlement visant plusieurs élus, comprenant notamment des menaces de mort et des insultes à caractère sexiste, raciste et homophobe.
Kévin Nader est par ailleurs cité dans l’un des messages publiés par Sébastien Scarpinato.
Aucun élément public ne permet cependant d’attribuer ces menaces à cet élu ou au Rassemblement national. Le lien politique apparaît dans les messages eux-mêmes et devra, le cas échéant, être établi par l’enquête.
Des menaces qui cherchent aussi à intimider
Au-delà de leur caractère homophobe, ces messages ciblent l’entourage de l’élu. Une dimension particulièrement préoccupante pour les personnes LGBTQIA+ exposées publiquement : le harcèlement peut chercher à atteindre les proches pour isoler, intimider et décourager la personne visée de poursuivre son engagement.
Sébastien Scarpinato est lui-même chargé, au sein de la municipalité, de la lutte contre les discriminations. Son cas illustre ainsi une réalité à laquelle les associations LGBTQIA+ sont régulièrement confrontées : la haine ne s’exprime pas seulement par des insultes. Elle peut prendre la forme de menaces, de harcèlement et de violences destinées à faire taire celles et ceux qui les dénoncent.
STOP homophobie apporte son soutien à Sébastien Scarpinato et à ses proches. L’association se tient à sa disposition pour tout accompagnement dont il pourrait avoir besoin et condamne fermement les menaces et les propos homophobes dont il fait l’objet.
À l’approche de la présidentielle de 2027, cette affaire appelle à la vigilance. Une menace de mort n’est pas une opinion politique et l’homophobie ne relève pas du débat démocratique.















