Europe de l’Est : la Biélorussie renforce la répression anti-LGBT+ en s’alignant sur la Russie

La Biélorussie a adopté début avril une nouvelle législation encadrant la diffusion de contenus liés aux personnes LGBT+, dans un contexte de rapprochement politique et idéologique avec la Russie. Dans le même temps, la défaite de Viktor Orbán en Hongrie ouvre une nouvelle phase en Europe centrale, susceptible de modifier certains équilibres au sein de l’Union européenne.

Le 2 avril, le Parlement biélorusse a approuvé un texte instaurant des sanctions administratives contre la diffusion de contenus qualifiés de « propagande » en faveur des relations entre personnes de même sexe, des transitions de genre ou du choix de ne pas avoir d’enfants. Le texte inclut également des contenus liés à la pédophilie.

La notion de « propagande » y est définie de manière large, comme toute information susceptible d’influencer les perceptions du public en présentant ces situations comme attractives. Une formulation qui laisse une marge d’appréciation importante aux autorités.

Les sanctions prévues vont d’amendes administratives à des peines de détention de courte durée, notamment lorsque les contenus sont accessibles à des mineurs. Les autorités biélorusses présentent cette loi comme un moyen de protéger les « valeurs traditionnelles ».

Ce texte s’inscrit dans la continuité de mesures adoptées ces dernières années dans le pays. Certaines représentations de relations homosexuelles ont été assimilées à de la pornographie, tandis que des contenus culturels ou éducatifs abordant ces questions ont été progressivement restreints.

Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, Amnesty International et le réseau ILGA-Europe, estiment que ces évolutions participent d’un encadrement accru des libertés d’expression, en particulier sur les questions de genre et d’orientation sexuelle. Elles soulignent également un rapprochement avec la Russie, qui a adopté ces dernières années des dispositifs similaires autour de la « propagande LGBT » et de la notion d’« extrémisme ».

En Hongrie, la défaite de Viktor Orbán met fin à seize années de pouvoir. Son gouvernement avait adopté plusieurs mesures limitant la visibilité des personnes LGBT+, tout en entretenant des tensions récurrentes avec ses partenaires européens sur les questions d’État de droit.

Le changement de majorité ouvre une période d’incertitude sur les orientations du pays, notamment dans ses relations avec l’Union européenne. À Bruxelles, certains observateurs estiment que cette évolution pourrait contribuer à réduire les blocages institutionnels constatés ces dernières années.

En dehors de l’Union européenne, notamment en Russie et en Biélorussie, les trajectoires politiques restent toutefois distinctes et ne dépendent pas directement des évolutions internes européennes.

Dans ce contexte, plusieurs organisations alertent sur les conséquences concrètes de ces législations pour les personnes concernées, évoquant une réduction progressive de l’espace d’expression autour des questions liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans plusieurs pays de la région.