Turquie : rassemblement à Paris le 18 septembre contre la répression des personnes LGBTI+

Après une vaste opération policière menée les 12 et 13 septembre contre des personnes LGBTI+, des associations et des acteurs de la prévention du VIH en Turquie, une mobilisation internationale est organisée. À Paris, un rassemblement est prévu vendredi 18 septembre à 19 heures, place de la Bolivie, près de l’ambassade de Turquie.

La répression contre le mouvement LGBTI+ turc franchit un nouveau cap. Les 12 et 13 septembre, des opérations policières coordonnées ont été menées dans 15 provinces du pays, dans le cadre de l’opération baptisée « Ailem Güvende », soit « Ma famille est en sécurité ».

Selon le ministère turc de la Justice, des procédures judiciaires ont été engagées contre 162 personnes, neuf associations et 13 entreprises. Plus de 60 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’opération et au moins 23 ont été placées en détention provisoire, selon Amnesty International. Des perquisitions ont également conduit à la saisie de téléphones, ordinateurs, documents et autres matériels.

Plusieurs organisations engagées dans la défense des droits LGBTI+ ont été directement visées, parmi lesquelles Kaos GL, 17 Mayıs, ÜniKuir, Pembe Hayat, SPoD, Genç LGBTI+, Hêvî, Lambdaistanbul et Muamma LGBTİ+. Leurs sites internet et certains comptes sur les réseaux sociaux ont également été bloqués.

Des militantes et militants engagés pour les droits humains, la prévention du VIH/sida et la lutte contre la sérophobie figurent également parmi les personnes visées.

La répression s’est poursuivie les jours suivants. Le 15 septembre, des manifestations organisées à Istanbul et Ankara pour demander la libération des personnes arrêtées ont à leur tour été réprimées. Au moins 126 personnes ont été interpellées dans les deux villes, dont 109 à Istanbul. Le 16 septembre, huit membres de Kaos GL ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès. Sept autres personnes liées à l’organisation, dont un journaliste, ont été libérées sous contrôle judiciaire.

Une opération menée au nom de la « famille »

Les autorités turques présentent cette opération comme une action destinée à lutter contre plusieurs infractions et à protéger les enfants et la famille. Elle intervient dans le cadre de la politique gouvernementale intitulée « Décennie de la famille et de la population 2026-2035 », portée par le président Recep Tayyip Erdoğan.

Certaines procédures font notamment état d’accusations d’« obscénité », de prostitution, de détention de stupéfiants ou encore de constitution d’une organisation criminelle.

Pour les organisations de défense des droits LGBTI+, cette opération constitue une nouvelle offensive contre une société civile déjà soumise à de fortes pressions.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’homosexualité n’est pas criminalisée en Turquie. Pourtant, les personnes LGBTI+ font depuis plusieurs années face à des restrictions croissantes de leurs libertés. La Marche des fiertés d’Istanbul est notamment interdite chaque année depuis 2015, tandis que les rassemblements LGBTI+ sont régulièrement dispersés par les forces de l’ordre.

La rhétorique officielle autour de la « protection de la famille » et de la natalité contribue également à désigner les personnes LGBTI+ comme une menace pour l’ordre social.

Les associations LGBTI+ et la prévention du VIH également menacées

Cette nouvelle vague de répression concerne aussi les structures qui accompagnent les personnes LGBTI+ et celles engagées dans la prévention du VIH et la lutte contre la sérophobie.

Ces associations jouent un rôle essentiel : information, prévention, accès au dépistage, accompagnement et défense des droits. Leur travail contribue directement à la santé publique et repose sur la possibilité d’agir librement auprès des populations concernées.

Les perquisitions, saisies de matériel et blocages numériques fragilisent donc également l’accès à ces services.

Une mobilisation internationale pour soutenir les personnes LGBTI+ turques

Face à cette escalade, organisations LGBTI+ et défense des droits humains appellent à une mobilisation internationale pour dénoncer la répression et soutenir les personnes arrêtées, détenues ou poursuivies.

En France, un rassemblement est organisé vendredi 18 septembre à 19 heures, place de la Bolivie, dans le 16e arrondissement de Paris, à proximité de l’ambassade de Turquie.

Les organisations mobilisées demandent notamment au gouvernement turc la libération immédiate des personnes encore détenues, l’abandon des poursuites judiciaires et la restitution du matériel saisi.

Elles appellent également la France et les autres États membres de l’Union européenne à faciliter l’accès à la protection internationale pour les personnes LGBTI+ turques directement menacées ou poursuivies en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur engagement militant, notamment lorsque le recours à des visas humanitaires peut être nécessaire.

La mobilisation demande enfin au gouvernement français, à la Commission européenne, au Parlement européen et au Conseil de l’Europe de condamner fermement cette répression et d’agir pour obtenir la libération des personnes incarcérées.

Rendez-vous vendredi à Paris

Dans ce contexte, le rassemblement parisien veut porter un message simple : les personnes LGBTI+ turques ne doivent pas rester seules face à la répression.

Soutenir les associations, les militants et les personnes LGBTI+ ciblés en Turquie, c’est aussi défendre leur droit à vivre librement, à s’organiser, à se réunir et à prendre la parole sans être criminalisés.

Vendredi 18 septembre 2026 à 19 heures
Place de la Bolivie, 75016 Paris
Métro : Passy ou Avenue du Président-Kennedy – Maison de Radio France

Face à la répression, la solidarité internationale est indispensable.