Nantes : quatre ans de prison pour une série d’agressions homophobes

Un jeune homme de 19 ans a été condamné ce lundi 7 septembre par le tribunal correctionnel de Nantes à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire, pour une série de vols et de violences commis à l’été 2025 dans le parc de Beaulieu, sur l’île de Nantes. La circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle avait été retenue pour cinq des faits.

L’affaire avait débuté à l’été 2025, après une succession d’agressions visant des hommes fréquentant l’ancien parc du Crapa, aujourd’hui intégré au parc naturel de Beaulieu, un lieu connu pour les rencontres entre hommes.

Entre le 3 juin et le 19 juillet 2025, près d’une dizaine d’hommes avaient porté plainte après avoir été pris à partie dans le parc. Les victimes décrivaient un mode opératoire similaire : elles étaient abordées avant d’être conduites vers des endroits plus isolés, puis frappées et, dans plusieurs cas, étranglées jusqu’à perdre connaissance. Des téléphones, de l’argent ou encore des clés avaient également été dérobés.

L’un des plaignants avait notamment raconté avoir reçu un coup de bâton avant d’être étranglé et de perdre connaissance. Plusieurs victimes avaient par ailleurs fourni une description comparable de leur agresseur : un jeune homme brun, aux cheveux bouclés et de corpulence athlétique.

Interpellé après une nouvelle agression

Le 19 juillet 2025, un homme affirme avoir reconnu dans le parc celui qui l’aurait déjà agressé quelques semaines auparavant. Il alerte alors la police, qui met en place une surveillance des lieux.

Peu après, les forces de l’ordre découvrent une nouvelle victime, blessée à la lèvre, dont la description correspond à celles fournies précédemment. Le jeune homme est interpellé. Il aurait frappé des policiers au moment de son arrestation et a également été condamné pour rébellion.

Au total, dix faits de vols et de violences étaient reprochés au prévenu. La circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle a été retenue pour cinq d’entre eux.

Au cours de l’instruction, le jeune homme, Sophian M., avait reconnu une partie des faits tout en contestant leur caractère homophobe. Ses explications avaient évolué : il avait d’abord évoqué la volonté de « mettre un coup de pression » à des hommes qu’il qualifiait de « pédophiles », avant d’expliquer qu’il cherchait essentiellement à leur voler de l’argent.

Le juge d’instruction avait néanmoins retenu la circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle pour cinq dossiers, notamment au regard du profil des victimes et du choix d’un lieu connu pour les rencontres entre hommes.

Des violences qui s’étaient intensifiées

L’instruction avait également mis en évidence une intensification des violences au fil des semaines, le magistrat évoquant une « forme d’escalade ».

Le prévenu était par ailleurs mis en cause dans une affaire distincte survenue en détention. En décembre 2025, alors qu’il se trouvait à la prison du Mans, il aurait blessé à deux reprises un codétenu avec un couteau en céramique.

« Je n’ai pas compris, je suis homophobe ou je suis homosexuel ? »

À l’audience, le jeune homme a reconnu les vols et les violences, mais a continué à nier qu’ils aient été commis en raison de l’orientation sexuelle des victimes.

Plusieurs hommes ont pourtant expliqué avoir été attirés vers le fond du parc par des gestes et des regards qu’ils avaient interprétés comme des signes de rencontre, avant d’être agressés.

L’une des victimes a raconté avoir été ainsi conduite vers un endroit isolé avant de recevoir plusieurs coups au visage et d’être étranglée. D’autres victimes ont décrit des violences similaires.

Le prévenu a expliqué qu’il conduisait les hommes vers des endroits plus reculés uniquement pour pouvoir les voler, affirmant avoir eu « besoin d’argent ».

STOP homophobie continuera de suivre les suites judiciaires de cette affaire et de rester aux côtés des victimes de violences LGBTphobes.