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Suisse : Le curé de Bürglen ne bénira plus d'unions homosexuelles

Suisse : Le curé de Bürglen ne bénira plus d'unions homosexuelles

Le curé de Bürglen ne bénira plus d'unions homosexuelles et respectera l’enseignement de l’Eglise à ce sujet. De son côté l’évêque de Coire n’exige plus sa démission. Tel est l’accord survenu entre les deux parties, ont indiqué le 28 avril 2015 dans une déclaration commune le curé Wendelin Bucheli et le vicaire général de Coire Martin Grichting.

Cette sortie de crise est le résultat de divers dialogues menés par le vicaire général Martin Grichting avec les personnes et les instances concernées. Le curé Bucheli regrette d’avoir blessé de nombreuses personnes à travers la bénédiction d’un couple de lesbiennes en octobre dernier.
A l’avenir il s’engage à être loyal envers l’évêque qui le mandate et à s’en tenir à l’enseignement de l’Eglise. Il déclare qu’il ne procédera plus, ni en public ni en privé, à la bénédiction de couple de même sexe.

Sur la base de cette promesse, l’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, a renoncé à exiger sa démission comme curé de Bürglen. Pour son porte-parole Guiseppe Gracia, interrogé pour le site kath.ch : “on peut trouver la réconciliation lorsqu’on se base tous sur le fondement de l’enseignement de la foi catholique. Lorsque quelqu’un reconnait sa faute et promet de s’amender, tout évêque doit faire preuve d’indulgence. Un évêque n’est pas là pour punir, mais il désire avant tout unifier et renforcer l’enseignement de l’Eglise. C’est ce qui s’est passé dans ce cas”.

Bras de fer entre l’abbé aimé et le sévère évêque

Le prêtre de Bürglen avait déclenché la colère de l’Eglise en bénissant un couple de lesbiennes en octobre 2014.

Son geste avait suscité l’ire de la hiérarchie catholique. Le très conservateur évêque de Coire Vitus Huonder, l’accusant d’avoir «consciemment contredit la doctrine de l’Eglise», avait réclamé la démission de l’abbé en février. Injonction qu’avait aussitôt rejetée l’homme d’Eglise, déterminé à rester à Bürglen, dans la paroisse où il officie depuis une dizaine d’années.

Dans ce petit village de 4000 habitants, l’annonce avait fait l’effet d’une bombe. Pétition, lettre envoyée à l’évêché: les fidèles étaient montés au front pour tenter de retenir et défendre celui qu’ils considèrent comme leur «berger». De nombreuses voix se sont élevées, y compris dans les milieux conservateurs, pour soutenir la décision du prêtre de bénir un couple gay. En mars, l’évêque mandatait le vicaire général Martin Grichting afin de trouver une issue au conflit.

Une certaine déception

S’il soulage Wendelin Bucheli et sa paroisse, l’accord à l’amiable annoncé mardi entre l’évêché et le prêtre de Bürglen déçoit ceux qui espéraient voir les fondations de l’Eglise trembler dans cette bataille. Au contraire, l’Eglise «cimente une posture dont la majorité de la société souhaiterait s’affranchir», regrette Markus Heil, président de «l’initiative des paroisses» qui milite pour une réforme de l’Eglise. Selon l’homme cité par la NZZ: «C’est un petit pas pour le prêtre de Bürglen, mais un grand pas en arrière pour l’Eglise.»