A l'approche de la Marche Des Fiertés 2015, l'Inter-LGBT précise ses revendications

A l'approche de la Marche Des Fiertés 2015, l'Inter-LGBT précise ses revendications

Ce samedi 27 juin 2015, avec cette année pour mot d'ordre « Multiples et indivisibles », la Marche des Fiertés LGBT de Paris défend le projet d'une société inclusive et solidaire.
Parce que les lesbiennes, les gays, les bisexuel-le-s et les personnes trans sont présent-e-s dans l’ensemble de la société, dans toute sa diversité, les questions LGBT sont transversales et inclusives.

  Il y a deux ans, était promulguée la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe après une mobilisation sans précédent des associations lesbiennes, gaies, bie et trans. L’Inter-LGBT a défendu avec force cette avancée majeure demandée depuis de nombreuses années. Le « mariage pour toute-s » est une victoire qui fera date, une étape fondamentale vers l’égalité des droits. Mais cette victoire, certes importante, n’en demeure pas moins incomplète. Les droits des familles, les droits des personnes trans, la PMA, les droits des migrant-e-s LGBT ont été oubliés, victimes collatérales d’une libération sans équivalent des LGBT-phobies en France.

Cette avancée ne s’est pas faite sans heurts. Les franges les plus radicales de la société, portées par des médias complaisants et servies par le manque d’engagement et de courage du gouvernement sur ces questions pourtant fondamentales, ont largement contribué au flot de haine. Face à cet obscurantisme la seule solution est de donner des droits à celles et ceux qui n’en n’ont pas :

Des droits pour les femmes, célibataires ou en couple, souhaitant réaliser une PMA.

Des droits pour faciliter le changement d’état civil des personnes trans qui souffrent aujourd’hui d’une précarité révoltante.

Des droits pour les familles, qui aujourd’hui multiples dans leurs formes et dans leur construction, demandent reconnaissance et protection.

Des droits pour permettre aux victimes de porter plainte, pour permettre aux élèves lesbiennes, gays, bisexuel-le-s ou trans de se défendre contre le harcèlement subi quotidiennement dans les établissements scolaires.

Des droits pour celles et ceux fuyant leur pays, au péril de leur vie et qui, une fois en France, peuvent se retrouver face au mur des refus de demandes d’asile, quand elles/ils ne sont pas renvoyé-e-s dans leur pays d’origine.

La reconnaissance des inégalités sociales de santé qui pèsent sur les gays, les lesbiennes, les bisexuel-le-s et les trans et le développement d’une offre de santé globale qui soit adaptée à leurs besoins spécifiques La reconnaissance des violences subies dans le monde entier par les personnes LGBT nécessite un renforcement de l’action diplomatique de la France et de l’Union européenne contre ces violences et en soutien aux mouvements LGBT de pays où la situation des personnes LGBT est dramatique. La relance du fond de soutien aux militant-e-s LGBT doit également être mise en oeuvre.

Pour que demain elle soit apaisée, la société ne peut pas se satisfaire d’avancées a minima, d’avancées consensuelles. Pour changer la vie des personnes, il faut une volonté politique assez forte pour se dresser face aux fantasmes les plus abjects. Cette année nous marchons ensemble, et ensemble nous portons la vision d’une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire. Nous sommes multiples et indivisibles.

11137108_913306065400891_7989072131971955267_nConjugalité, parentalités, familles

- Assurer l’égalité d’accès aux procédures de procréation médicalement assistée à toutes les femmes, célibataires ou en couple, quelle que soit leur situation civile ou leur orientation sexuelle.

- Redéfinir la filiation pour la fonder sur l’engagement parental, ce qui permettrait d’établir la filiation des enfants des la naissance (avec procédure anténatale au besoin), avec tous leurs parents, indépendamment de leur genre, de leur nombre (pluri parentalité) et de leur mode de conception, et sans passer par une procédure judiciaire. En cas de séparation, cette filiation repensée garantirait les liens des enfants avec tous leurs parents.

- Assurer la non-discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre pour les personnes célibataires souhaitant adopter.

- Ouvrir la possibilité d’adoption conjointe d’un enfant à tous les couples, quel que soit leur statut marital.

- Faciliter les procédures de partage de l’autorité parentale et mettre en place des dispositifs répondant aux besoins des familles recomposées (qu’elles soient homoparentales ou hétéroparentales).

- Reconnaître en droit français (nationalité, filiation) les enfants nés à l’étranger par procréation médicalement assistée ou par gestation pour autrui lorsqu’au moins un des parents est français.

- Promouvoir, partout en Europe, le droit de libre circulation et de libre installation, des couples de même sexe (en particulier des couples de binationaux) lies par des mariages ou des partenariats enregistrés dans un pays européen autre que celui de leur citoyenneté et garantir la reconnaissance des effets produits par ces unions.

1465302_825710557493776_6744639347643538973_nDroits des personnes trans’

- Inclure l’identité de genre parmi les motifs de discriminations reconnues par la loi (en remplacement du terme identité sexuelle, plus flou).

- Mettre en adéquation l’ensemble des lois françaises avec les résolutions 1728 (2010) et 2048 (2015) votées par la France au Conseil de l’Europe en matière de droits pour les personnes trans’.

- Permettre le changement d’état civil en application des résolutions 1728 (2010) et 2048 (2015) qui demandent que les pays accordent « des documents officiels reflétant l’identité de genre choisie, selon procédures rapides, transparentes et accessibles fondées sur l’autodétermination, sans obligation préalable de subir une stérilisation ou d’autres procédures médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie hormonale ».

- Permettre le retrait des « troubles de l’identité de genre » de la liste des maladies mentales de l’OMS et son reclassement dans une catégorie non stigmatisante afin de garantir une digne prise en charge des transitions.

- Permettre la prise en charge des transitions, faites en France ou mais aussi à l’étranger, pour celles et ceux qui le souhaitent en garantissant le libre choix du ou des médecins.

- Afin de protéger la vie privée des personnes, rendre effective la possibilité d’utiliser un pseudonyme dans le cadre des études ou du travail lorsque les personnes n’ont pas leur changement d’état-civil.

- Afin de faciliter la scolarité des jeunes personnes Trans, demander une directive de la part des Ministères de tutelle, imposant aux établissements d’utiliser le genre et le prénom d’usage pour nommer, appeler et inscrire dans les registres les élèves qui en font la demande.

- Améliorer les conditions d’incarcération des personnes Trans pour garantir leur dignité et leurs droits fondamentaux

- Encourager la prise en charge non pathologisante des mineur-e-s Trans et, notamment, leur permettre d’accéder aux traitements bloquant la puberté s’elles/ils en expriment le souhait

- Encourager les médias à utiliser un langage respectueux de l’identité et de la dignité des personnes Trans.

- Mettre en place une politique ambitieuse de lutte contre la transphobie : campagne de sensibilisation, formation des personnels de l’Etat et des collectivités publiques, etc.

- Oeuvrer auprès des forces de l’ordre pour permettre une meilleure prise en charge des victimes de transphobie et les aider à porter plainte

Visibilité lesbienne

- Assurer l’égalité d’accès aux procédures de procréation médicalement assistée à toutes les femmes, célibataires ou en couple, quelle que soit leur situation civile ou leur orientation sexuelle.

- Faire reconnaitre la réalité et la spécificité de la lesbophobie par les institutions en charge de définir les catégories de la langue (notamment en faisant entrer le mot lesbophobie dans le dictionnaire de l’Académie) et par le droit français. Il s’agit d’une double discrimination spécifique aux lesbiennes, conjuguant sexisme et homophobie en direction des femmes dont l’homosexualité est réelle ou supposée. Il est primordial de nommer cette violence pour pouvoir la combattre.

- Inclure la question sur l’orientation sexuelle dans les enquêtes en population générale sur les questions socio-comportementales et se donner les moyens d’analyser les résultats.

- Concevoir et mettre en oeuvre un plan global sur la santé FSF (femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes), avec un volet santé sexuelle, comportant une formation des professionnel-le-s de santé - en particulier des gynécologues, pour lutter contre les problèmes d’accès aux soins des lesbiennes et des bisexuelles.

- Veiller à ce que les lesbiennes et les bisexuelles ne soient pas oubliées dans les programmes internationaux de soutien aux femmes.

Lutte contre les discriminations et les violences

- Dans l’article premier de la Constitution française, enrichir le principe d’égalité, pour qu’il s’applique « sans distinction de sexe, d’orientation sexuelle, d’identité de genre, d’état de santé ou de handicap ».

- Edifier un monument dédié à la mémoire des LGBT en France.

- Promouvoir le principe rappelé dans l’article 1 de la résolution 1728 du Conseil de l’Europe qui inclut la bisexualité au sein de l’orientation sexuelle.

- Mettre en place et financer un grand plan national de lutte contre les discriminations à raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre et soutenir les associations de lutte contre les discriminations.

- Développer les enquêtes sur les discriminations et les violences à raison de l’orientation sexuelle et l’identité de genre et mettre en place des enquêtes d’ampleur nationale sur l’homophobie, la lesbophobie la biphobie et la transphobie au travail et veiller à les inclure dans toutes les enquêtes sur la qualité de vie au travail.

- Mettre en place un plan national d’actions pour la prévention du suicide chez les personnes LGBT dont les chiffres démontrent qu’elles sont 4 fois plus concernées que la moyenne nationale en France.

- Lutter contre les LGBT-phobies dans le monde sportif professionnel et amateur.

- Rendre effectives les lois anti-discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, notamment en sanctionnant les manquements des personnes et des entreprises. Encourager les signalements, en protégeant les témoins de discrimination et de harcèlement.

- Garantir l’égalité entre ayant-droits pour tous les couples ; notamment par une reconnaissance du PACS entre personnes de même sexe comme équivalent au mariage pour l’ouverture des droits aux pensions de réversion et aux capitaux décès. Reconnaître la filiation sociale pour l’ensemble des prestations sociales, en particulier les rentes éducation en cas de décès du/de la salarié-e.

- Garantir l’égalité de traitement et de salaires pour les personnes LGBT par rapport à leurs collègues aux parcours et carrières analogues. Encourager les entreprises à négocier avec les partenaires sociaux pour mettre en place des actions allant dans ce sens.

- Veiller à ce que les instances dirigeantes et les comités d’entreprises accordent le même traitement à tous les couples et à toutes les familles, qu’ils s’agissent de congés ou d’avantages pour les salarié-e-s.

- Encourager les entreprises à prendre en compte la diversité des personnes, des couples et des familles dans leur communication interne et externe. En particulier, veiller à ne pas utiliser de formulaires discriminants.

- Encourager la formation des DRH et des managers à la lutte contre les discriminations, avec un volet pour les LGBT et inclure cette thématique dans les politiques diversité des entreprises et de la fonction publique.

- Permettre la formation des actrices et acteurs de santé au travail à la prise en compte et à l’accompagnement des victimes de LGBT-phobie ou de discrimination à raison de leur état de santé.

Ecole et éducation

- Lutter contre toutes les discriminations dans toutes les institutions de formation et éduquer au respect de la diversité des sexualités et des identités de genre de la maternelle à l’université.

- Inclure, dans la formation initiale et continue des personnels de l’éducation, des modules de formation aux questions LGBT et des enjeux des LGBT-phobies dans le domaine éducatif.

- Former les personnels des établissements scolaire à accueillir toutes les familles dans toute leur diversité

- Mettre en place de véritables campagnes de prévention contre les LGBT-phobies

- Mettre en place une éducation à la sexualité prenant en compte la question du genre et de l’homosexualité féminine, masculine, ainsi que de la bi-sexualité, et une éducation à la vie affective dès l’école primaire, adaptée à l’âge des élèves, et prenant en compte les multiples champs de cette question : affective, sociale, culturelles, éthique...

- La question du harcèlement à caractère LGBT-phobe ne doit pas être oubliée des campagnes de lutte contre le harcèlement

- Prendre en compte les LGBT-phobies dans les CES C (Comité d’Education à la Santé et à la Citoyenneté) des établissements scolaires

- L’enseignement supérieur doit s’engager pour l’accueil et l’accompagnement des étudiants LGBT

- Travailler dans les ministères sur l’égalité de traitement entre tous leurs personnels et les protéger par des politiques actives dans le domaine de l’égalité.

Santé LGBT

- Pour une politique ambitieuse de santé sexuelle et de lutte contre le VIH : Privilégier la prévention plutôt que les logiques de répression, notamment sur l’usage de drogues ou les lieux de dragues ; Intensifier les campagnes et actions de dépistage en particulier auprès des groupes les plus exposés ; Accroître les moyens financiers, notamment par le soutien aux associations ou au développement d’actions de santé sexuelle. Élargir l’accès aux traitements post-exposition Garantir un accès aux soins de qualité pour toutes et tous

- Encourager la recherche sur les effets à long terme de l’hormonothérapie ainsi que les interactions entre celle-ci et les différents traitements (pharmacopée du quotidien, aide à la santé psychique, maladies chroniques, VIH…).

- Concevoir et mettre en oeuvre un plan global sur la santé FSF (femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes), avec un volet santé sexuelle, comportant une formation des professionnel-le-s de santé - en particulier des gynécologues, pour lutter contre les problèmes d’accès aux soins des lesbiennes et des bisexuelles

- Promouvoir à l’égalité d’accès à la santé et au logement pour les personnes âgées LGBT et/ou vivant avec le VIH. Améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec VIH et les ALD.

- Améliorer l’accès au soin des personnes trans, notamment via des formations à l’accueil et à la prise en charge pour les médecins et personnels de santé (gynécologues, généralistes).

- Lutter contre la discrimination des personnes vivant avec le VIH (sérophobie) dans tous les milieux (monde du travail, accès aux soins et aux services, prisons).

- En matière de don du sang, réviser le critère d’exclusion des hommes homosexuels, vécu comme stigmatisant, et proposer que les critères se portent sur les « pratiques à risque » plutôt que les « populations à risque ».

- Réaffirmer le principe de co-responsabilité en cas de contamination par le VIH lors des rapports sexuels entre adultes majeurs consentants.

- Mettre en oeuvre rapidement la levée de l’interdiction de soins funéraires de conservation à l’encontre des personnes ayant vécu avec le VIH et ou une hépatite.

- Mettre en place des enquêtes d’ampleur nationale de Santé LGBT afin de nourrir des politiques publiques qui répondent aux inégalités sociales de santé.

- Lutter contre le mal-être et le suicide LGBT, notamment des jeunes, des personnes âgées, des personnes vivant avec le VIH

- A l’international, intensifier la participation de la France aux financements et programmes de lutte contre le VIH, ainsi qu’aux programmes de promotion de la santé des femmes.

 

International

- Agir pour l’abolition, et en toutes circonstances, de la répression des personnes en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre ou de leurs pratiques homosexuelles entre adultes consentants.

- Soutenir les initiatives de l’ONU et du Conseil des Droits humains visant à la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

- Veiller à ce que la France agisse par son réseau diplomatique central, et local, sur le plan international pour protéger les initiatives et les défenseur-e-s des droits humains en particulier celles/ceux militant pour les droits des personnes LGBTI.

- Rester à l’écoute des demandes locales ; reconnaître la lutte contre les violences policières comme l’une des priorités et soutenir l’empowerment des communautés LGBTI locales.

- Veiller au respect du droit d’asile pour les personnes risquant d’être persécutées en raison de leur orientation sexuelle, réelle ou supposée, et/ou de leur identité de genre. Laisser à l’OFPR A le temps nécessaire à l’évaluation des demandes, ne pas décider de la vulnérabilité des demandeuses/eurs dans la précipitation.

- Réclamer l’arrêt immédiat et sans condition des expulsions de migrant-e-s séropositives/tifs.

- Veiller à la reconnaissance complète des couples binationaux dans le cadre de la loi sur le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe et à la délivrance effective de visas le cas échéant.

- Veiller à ce que les femmes lesbiennes et bisexuelles soient visibles et prises en compte dans les programmes internationaux de soutien aux femmes, plaidoyer auprès des institutions françaises et mondiales pour que l’expression « droits humains » remplace « droits de l’Homme ».

11377235_914410065290491_8796603113948747871_nRDV le samedi 27 juin pour La Marche des Fiertés de Paris 2015 !

Départ 14h place Edmond Rostand, Métro Luxembourg.
Arrivée Place de la République.

L’Inter-LGBT vous donne rendez-vous à la fin du parcours, pour assister à son Grand Podium de 16h00 à 21h !

Djs – live – performance – prise de paroles, venez célébrer l’Amour Pour Toutes et Tous avec :

SCRATCH MASSIVE / MAËLSTROM / JENNIFER CARDINI / LOUIS(E) DE VILLE (drag kings show) / GUENA LG / CRAME / RAG + guests…