Metz : un jeune de 19 ans en état de mort cérébrale après une agression homophobe d’une extrême violence, trois suspects interpellés

Un jeune homme de 19 ans est actuellement en état de mort cérébrale après une agression d’une rare violence survenue dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 mai, place de la République à Metz.

Selon les premiers témoignages de la famille, la victime se trouvait sur place avec un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années, écoutant de la musique et réalisant des vidéos sur leurs téléphones. Un autre groupe de cinq individus les aurait alors abordés, dont trois auraient participé aux violences, les accusant à tort de les avoir filmés.

Malgré les dénégations des victimes, les agresseurs auraient exigé la suppression du contenu des téléphones. L’un d’eux se serait emparé de l’appareil d’un jeune de 19 ans, supprimant des fichiers sans autorisation, avant de jeter le téléphone au sol, le brisant.

Les jeunes ont alors tenté de quitter les lieux pour éviter toute escalade. Mais ils ont été suivis. Quelques instants plus tard, les agresseurs les ont rattrapés et ont déclenché une attaque d’une extrême violence.

Un premier jeune a été violemment frappé, chutant au sol avec le nez cassé et un traumatisme crânien. Un second a reçu un coup de poing d’une grande brutalité, le projetant à terre, avant d’être roué de coups à la tête alors qu’il était déjà au sol.

Les secours, rapidement intervenus, ont tenté de le réanimer. Transporté à l’hôpital, son état a été jugé désespéré : le jeune homme est aujourd’hui en état de mort cérébrale.

Une jeune femme présente lors des faits a également été victime de violences, sans blessures graves.

Trois suspects âgés de 19, 20 et 27 ans ont été interpellés. Une enquête est en cours afin d’établir précisément les circonstances de cette agression et les responsabilités de chacun.

Plusieurs plaintes ont été déposées. STOP homophobie a été sollicitée par la famille des victimes et va les accompagner dans leurs démarches juridiques et psychologiques.

Une inquiétante répétition des violences dans le même territoire

Une semaine auparavant, un membre de la même famille avait déjà signalé une agression à caractère homophobe survenue à Hagondange.

Dans son témoignage, il décrit une attaque violente accompagnée d’insultes homophobes, notamment « sale pédé », « pédale », ainsi que de coups portés à l’aide de poings américains. Une plainte a été déposée et des démarches médicales engagées.

Il exprime son indignation face à la répétition de ces violences : « Il est particulièrement révoltant qu’en France, et au sein même de nos villes où chacun devrait pouvoir vivre librement et en sécurité, des personnes puissent encore être prises pour cible en raison de leur orientation réelle ou supposée. »

Concernant cette nouvelle agression survenue à Metz, des éléments rapportés par les proches évoquent également la présence d’injures à caractère homophobe. Ces faits devront être confirmés dans le cadre de l’enquête.

Des faits qui interrogent

Si les circonstances exactes de l’agression de Metz restent à établir, la concomitance de ces violences, leur intensité et le climat décrit par les victimes soulèvent de sérieuses inquiétudes.

STOP homophobie appelle à faire toute la lumière sur ces faits.

En ce jour de fête des mères, l’association est profondément bouleversée. « Nous sommes effondrés, complètement effondrés. Ce drame est d’une violence inouïe. Nous pensons à la victime, à sa famille, à ses proches. Nous sommes profondément marqués par ce que nous voyons et entendons. »

STOP homophobie apporte tout son soutien aux victimes et à leurs familles, et restera pleinement mobilisée à leurs côtés dans les jours et les semaines à venir. Nous avons choisi de ne diffuser aucune image.

L’enquête se poursuit.