C’est désormais officiel, le parquet de Budapest a engagé des poursuites contre le maire de la capitale, Gergely Karácsony, pour avoir organisé la Marche des fiertés du 28 juin 2025, malgré son interdiction par les autorités. Cette décision survient dans un climat politique tendu, à quelques mois des élections législatives hongroises prévues en avril.
La marche, qui avait réuni plusieurs centaines de milliers de participants, avait été interdite par la police sur fond de la loi adoptée en mars 2025 par le Parlement hongrois, majoritairement dirigé par le parti Fidesz de Viktor Orbán. Cette législation, justifiée officiellement par la « protection de l’enfance », interdit les manifestations publiques promouvant l’homosexualité.
Malgré cette interdiction, le maire Karácsony, qui se définit comme un défenseur des droits LGBTQIA+ et de la société civile, avait maintenu la marche. Les participants ont défilé avec des drapeaux arc-en-ciel et des pancartes dénonçant les restrictions des libertés publiques. Selon les observateurs, l’événement dépassait le cadre de la revendication LGBTQIA+ : il symbolisait un soutien plus large aux institutions démocratiques et à l’État de droit, perçus comme fragilisés par le gouvernement Orbán.
Le parquet accuse Karácsony d’avoir violé la loi sur la liberté d’association et de réunion. Une amende pourrait lui être infligée via une procédure sommaire, mais le maire reste passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an. Karácsony a déclaré qu’il poursuivrait son action pour défendre le droit de manifester et la visibilité des personnes LGBTQIA+ dans la capitale.
L’affaire a suscité des réactions internationales. Des organisations et institutions européennes, dont le Congrès du Conseil de l’Europe et la France, ont dénoncé cette procédure et demandé son abandon, soulignant qu’elle constitue un précédent inquiétant pour la liberté d’expression et de réunion en Hongrie.
Viktor Orbán, au pouvoir depuis plus de 15 ans, est régulièrement critiqué pour ses mesures qualifiées d’illibérales, visant à restreindre la presse, la justice indépendante et les droits civils. La question LGBTQIA+ est devenue un des symboles de ces restrictions, la Hongrie étant le seul pays de l’Union européenne à interdire explicitement les marches des fiertés.
Maintenir la visibilité et la mobilisation dans l’espace public reste un enjeu central, malgré les menaces judiciaires.

















