Besançon : De 18 à 20 ans requis pour torture et tentative de meurtre d'un jeune homosexuel

Besançon : De 18 à 20 ans requis pour torture et tentative de meurtre d'un jeune homosexuel

Crime homophobe ou crapuleux ? Une peine de 18 à 20 ans a été requise mercredi à Besançon à l’encontre de Jonathan Fragnière, 26 ans, accusé d’avoir tenté de tuer son ami et de l’avoir torturé avec un tesson de bouteille et un hachoir, en le menaçant aussi d’une tronçonneuse.

Au terme de trois jours d’audience devant la cour d’assises du Doubs, l’avocate générale Élisabeth Philiponet a requis une peine de 18 à 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’une mesure de suivi socio-judiciaire de trois ans, avec deux ans de prison supplémentaires si le jeune homme ne respecte pas ce suivi.

Jonathan Fragnière, jugé pour « tentative de meurtre précédée d’actes de torture et de barbarie », reconnaît les violences, mais affirme qu’il n’a pas cherché à tuer la victime, un jeune homosexuel de 23 ans qu’il fréquentait.

L’accusé est un « psychopathe, violent, tourmenté« , « en proie à des pulsions sexuelles pour les hommes qu’il ressent comme des démons », a fustigé l’avocate générale. Elle a vu chez lui un « sentiment d’humiliation » suite à une relation sexuelle avec la victime « qu’il veut faire payer ».

Le soir du 3 juillet 2012, cet apprenti cuisinier convie son ami dans son appartement de Tarcenay, près de Besançon. En état d’ébriété, il l’enferme et lui ordonne de se déshabiller avant de le rouer de coups et de le brûler avec une cigarette et un briquet.

Il le lacère ensuite avec un tesson de bouteille et un hachoir à viande, avant de saisir un couteau et de le frapper à l’abdomen, un coup qui aurait pu être fatal selon le médecin légiste.

L’agresseur a aussi menacé le jeune homme de le tuer et de le « découper en morceaux » en approchant une tronçonneuse en marche de ses oreilles.

Ces actes de torture ont duré plusieurs heures, pendant lesquelles Jonathan Fragnière a appelé la soeur de la victime, en lui disant que si elle « payait de sa personne », il ne tuerait pas son frère.

La jeune femme a prévenu la gendarmerie qui est intervenue vers 3H45 du matin pour interpeller l’apprenti, découvrant la victime dans une mare de sang.

L’accusé avait également volé l’argent de la victime et lui avait fait signer un engagement de vente de son scooter.

AFP