Bangladesh : Une figure de la défense des droits LGBT et l'un de ses proches assassinés à coup de machette à Dacca

Bangladesh : Une figure de la défense des droits LGBT et l'un de ses proches assassinés à coup de machette à Dacca

>> Xulhaz Mannan : Editor of Bangladesh LGBT magazine Roopbaan hacked to death in Dhaka

Deux personnes, dont un militant bangladais bien connu pour son engagement en faveur de la cause « homosexuelle », ont été abattues ce 25 avril à coups de machette à Dacca, la capitale du Bangladesh. Leur meurtre, qui n’a pas été revendiqué, est le dernier en date d’une série d’agressions visant des personnalités militantes et laïques.

L’une des victimes, Xulhaz Mannan, figure de la défense des droits LGBT et éditeur de Roopbaan, le seul magazine dédié à la communauté locale, travaillait également à l’ambassade américaine de Dacca, a annoncé dans un communiqué l’ambassadrice Marcia Bernicat : « Xulhaz était plus qu'un collègue pour tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui (…) Nous exécrons cet acte de violence dénué de sens et exhortons le gouvernement (…) à appréhender les criminels à l’origine de ces meurtres », a-t-elle plaidé. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a de son côté condamné ces meurtres « barbares ».

Agé de 35 ans, Xulhaz Mannan avait affirmé récemment à l'AFP avoir reçu des menaces d'islamistes. « Ils ont même créé un groupe en ligne pour nous harceler ». L’identité de la deuxième victime, qui serait un de ses proches, n’a pas été dévoilée. D’autres personnes auraient été blessées lors de l’attaque perpétrée lundi dans le quartier de Kalabagan. Selon le quotidien britannique The Guardian, les assaillants se seraient fait passer pour des coursiers pour pénétrer dans l’immeuble. « Une demi-heure plus tard, j’ai entendu des cris et des coups de feu provenant de l’appartement » de M. Mannan, a rapporté le gardien de l’immeuble au Dhaka Times. Les assaillants ont crié « Allah akbar ! », selon des témoins interrogés par la chaîne locale Jamuna.

Cet assassinat « souligne le fait que des militants pacifiques ne bénéficient d’aucune protection dans le pays », a insisté Champa Patel, directrice d’Amnesty International pour l’Asie du Sud. « La police bangladaise doit assurer la protection des membres de la communauté LGBT du pays, et non les harceler ou les menacer d’arrestation, comme elle le fait ».

L’homosexualité est très mal vue au Bangladesh, pays conservateur à majorité musulmane, où les relations sexuelles entre personnes du même sexe peuvent être punies par de la prison à vie. L’équipe de Roopbaan avait d'ailleurs tenté d'organiser une première marche « arc-en-ciel », quelques mois après le lancement du journal, pour célébrer la diversité et défier les préjugés envers les homosexuels. Mais la police avait interdit l’événement, invoquant des risques sécuritaires.

Samedi, un professeur de 58 ans, Rezaul Karim Siddique, a lui aussi été tué à coups de machette à Rajshahi, dans le nord-ouest du pays. C’est le quatrième enseignant de l’université publique de cette ville à être assassiné. Dans un communiqué diffusé aux Emirats arabes unis, par l’organe de communication Amaq, liée à l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), le groupe a revendiqué l’assassinat de M. Siddique, auteur de poèmes et de nouvelles, « pour avoir appelé à l’athéisme ».

Mais lundi, le ministre de l’intérieur, Asaduzzaman Khan, a nié tout lien de l’EI avec ce meurtre. « Des insurgés locaux mènent des attentats en instrumentalisant le nom de l’EI », a-t-il indiqué, qualifiant ces affaires de « meurtres isolés ». Il a rejeté l’idée d’une dégradation de la sécurité dans ce pays du sous-continent indien qui a vu nombre de blogueurs et de professeurs assassinés ces dernières années.

Les autorités du Bangladesh, un pays laïque, nient constamment que des groupes islamistes inspirés de l’étranger soient actifs sur le territoire. Des analystes estiment toutefois que la longue crise politique que traverse le pays a radicalisé l’opposition, et que les islamistes armés, accusés d’avoir une liste noire de personnes à abattre, y sont un danger croissant. Ce que confirment les défenseurs de la laïcité, qui demandent au gouvernement de mieux protéger la liberté d’expression.

>> An editor for Bangladesh's only LBGT magazine has been hacked to death at an apartment in the country's capital, Dhaka. A second person was killed in the attack, with also injured.

Dhaka Metropolitan Police spokesman Maruf Hossain Sorder told AFP: "Unidentified attackers entered an apartment at Kalabagan and hacked two people to death. Another person was injured."

Local media reported one of those killed was Xulhaz Mannan, editor of Roopbaan, the country's only magazine for the LBGT community. The publication was launched in 2014. According to the Dhaka Tribune, the person injured in the attack was his friend friend Tanay Mojumdar.

Mannan was responsible Bangladesh's Rainbow Rally, which has been held on 14 April annual since 2014. However, police banned the event this year as part of widespread security measures. Mannan told AFP that they had received threats online from Islamists. "They have even set up an online group to threaten us," he said.

Marcia Bernicat, the US ambassador to bangladesh, said: "I am devastated by the brutal murder of Xulhaz Mannan and another young Bangladeshi this evening in Dhaka. Xulhaz was more than a colleague to those of us fortunate to work with him at the U.S. Embassy. He was a dear friend. Our prayers are with Xulhaz, the other victim, and those injured in the attack. We abhor this senseless act of violence and urge the Government of Bangladesh in the strongest terms to apprehend the criminals behind these murders."

In an article for the Guardian in 2014 which asked 'What's it like to be LGBT around the world?' Mannan wrote: "In a country where the whole concept of sex and sexuality is a taboo, we are learning to navigate our ways by highlighting 'love' as the center of all, as a human right that can't be denied, hoping for better, and may be 'faster', acceptance.. some day!"

The incident occurred two days after a university professor was killed in a similar attack which the Islamic State (Isis) later claimed responsibilty for.

Bangladeshi blogger Nazimuddin Samad was hacked to death after he posted messages on Facebook criticising Islam in Dhaka is the latest in a string of such incidents incidents where bloggers, writers and academics have been killed in the country.

Champa Patel, Amnesty International's South Asia Director said: "The brutal killing of an editor of an LGBT publication and his friend, days after a university professor was hacked to death, underscores the appalling lack of protection being afforded to a range of peaceful activists in the country.

"There have been four deplorable killings so far this month alone. It is shocking that no one has been held to account for these horrific attacks and that almost no protection has been given to threatened members of civil society. Bangladeshi authorities have a legal responsibility to protect and respect the right to life. They must urgently focus their energies on protecting those who express their opinions bravely and without violence, and bringing the killers to justice. The authorities must strongly condemn these horrific attacks, something they have failed to do so far."