Les deux hommes poursuivis pour les violences commises dans la nuit du 11 au 12 juillet devant le ZanzyBar, établissement fréquenté par la communauté LGBTQIA+ à Saint-Étienne, ont été condamnés ce vendredi 21 août à six mois d’emprisonnement avec sursis pour violences en réunion. Le tribunal correctionnel n’a pas retenu la circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle des victimes.
Âgés de 19 et 29 ans, les deux prévenus étaient poursuivis pour avoir participé à une altercation au cours de laquelle trois personnes, dont un salarié du bar, avaient été frappées. Les victimes avaient fait état de propos homophobes pendant les violences, une version également rapportée par plusieurs témoins.
Les deux hommes ont pourtant contesté les accusations, affirmant ne pas savoir que le ZanzyBar, situé rue de la Résistance, était un établissement fréquenté par des personnes LGBTQIA+ et ont nié avoir proféré des insultes visant l’orientation sexuelle des victimes.
Le tribunal a finalement retenu les violences en réunion, mais pas leur caractère homophobe. Les deux prévenus ont ainsi été condamnés à six mois d’emprisonnement avec sursis.
« Le statut de victime a été reconnu »
La décision a suscité la colère du gérant du ZanzyBar, Hervé Divet. « Le statut de victime a été reconnu, ce qui était le plus important », a-t-il déclaré à l’issue de l’audience, tout en dénonçant l’absence de reconnaissance du caractère homophobe de l’affaire.
« Que l’État, via sa justice, aujourd’hui, dans le contexte national qu’on connaît sur la recrudescence des violences homophobes partout, n’ait pas la capacité de reconnaître cette affaire comme une affaire homophobe, c’est purement scandaleux », a-t-il ajouté.
Les avocates de la défense ont, au contraire, estimé que le tribunal avait correctement apprécié les éléments du dossier. Elles ont notamment contesté ce qu’elles considéraient comme des conclusions trop rapides sur le mobile homophobe des violences.
L’avocate des parties civiles, Me Rosine Insalaco, n’a pas souhaité commenter le jugement.
Une mobilisation dès le lendemain
Les violences, survenues tard dans la soirée du 12 juillet, avaient provoqué une vive émotion au sein de la communauté LGBTQIA+ stéphanoise. Dès le lendemain, un rassemblement avait réuni une centaine de personnes devant le ZanzyBar pour dénoncer les violences et l’homophobie.
Plusieurs élus locaux avaient participé à cette mobilisation, parmi lesquels le maire de Saint-Étienne, Régis Juanico, et le président du Département de la Loire, Georges Ziegler.
La Ville de Saint-Étienne avait alors condamné les violences et les propos homophobes qui auraient été tenus lors de l’agression.
Le jugement rendu vendredi établit donc la responsabilité pénale des deux hommes pour des violences commises en réunion, mais écarte la circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle des victimes. Une distinction judiciaire qui ne remet pas en cause la réalité des violences subies par les personnes agressées ni les témoignages recueillis au cours de la procédure.
Pour STOP homophobie, l’enjeu demeure également celui de la reconnaissance des violences motivées par l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, dans un contexte où de nombreuses victimes restent confrontées à des difficultés pour faire reconnaître le caractère discriminatoire des agressions qu’elles subissent.
















