Une nouvelle étude estime à 25,6 millions le nombre d’adultes LGBTQ+ aux États-Unis. Un chiffre qui confirme le poids croissant de cette population, notamment chez les jeunes, alors que l’administration Trump réduit la collecte de données sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.
Aux États-Unis, 25,6 millions d’adultes se déclareraient aujourd’hui LGBTQ+, soit environ 12 % de la population adulte, selon une nouvelle analyse de la Human Rights Campaign Foundation (HRCF), publiée le 20 août 2026.
Cette estimation repose sur plus de 2,4 millions de réponses recueillies entre 2021 et 2024 dans une vaste enquête du Bureau du recensement américain (Household Pulse Survey).
Le chiffre est particulièrement élevé chez les jeunes : plus de la moitié des adultes LGBTQ+ (53,8 %) ont entre 18 et 34 ans. La bisexualité représente par ailleurs la principale catégorie d’identification.
Plus d’un adulte sur dix dans 40 États
La population LGBTQ+ est présente dans tout le pays. Selon l’étude, elle représente plus de 10 % des adultes dans 40 États américains, ainsi que dans la capitale fédérale Washington.
Cela concerne notamment plusieurs États importants pour les prochaines élections : 13,3 % en Arizona, 12,5 % au Texas, 11,5 % en Géorgie, 11,1 % en Pennsylvanie et 11 % dans le Michigan.
Ces chiffres donnent à la population LGBTQ+ un poids électoral important à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, lors desquelles les Américains renouvelleront notamment la Chambre des représentants et une partie du Sénat.
Cela ne signifie évidemment pas que toutes les personnes LGBTQ+ votent de la même manière. Mais leur nombre est désormais suffisamment important pour en faire une population que les responsables politiques ne peuvent difficilement ignorer.
Pourquoi certains parlent plutôt de 9 % ?
Le chiffre de 12 % peut surprendre. En février dernier, l’institut Gallup estimait en effet à 9 % la proportion d’adultes américains LGBTQ+, à partir d’une enquête menée en 2025.
Cette différence ne signifie pas que la population LGBTQ+ serait passée de 9 à 12 % en un an. Les deux études n’utilisent pas la même méthode, ni le même type d’enquête.
Il est donc préférable de retenir une tendance générale plutôt qu’un chiffre unique : la proportion d’Américains qui se déclarent LGBTQ+ augmente depuis plusieurs années, particulièrement chez les jeunes générations.
Gallup estimait ainsi cette proportion à seulement 3,5 % en 2012, contre 9 % en 2025.
Un paradoxe inquiétant
L’étude de la HRCF intervient cependant dans un contexte particulier.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, l’administration américaine a supprimé des questions portant sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans de nombreuses enquêtes et bases de données fédérales.
Selon le Williams Institute de l’université UCLA, environ 360 dispositifs statistiques fédéraux ont ainsi perdu au moins une donnée concernant l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.
Pourquoi est-ce important ? Parce que sans statistiques, il devient plus difficile de savoir combien de personnes sont concernées par les discriminations, les violences ou les inégalités, et donc de mesurer les besoins et d’adapter les politiques publiques.
Le paradoxe est donc simple : les nouvelles données montrent une population LGBTQ+ nombreuse et de plus en plus visible, au moment même où les autorités américaines réduisent les moyens permettant de la mesurer.
Une question qui dépasse les États-Unis
Cette évolution intéresse aussi les associations européennes et françaises. Les États-Unis restent une puissance majeure et leurs choix politiques ont souvent des répercussions au-delà de leurs frontières.
Mais l’enjeu est avant tout universel : pour lutter efficacement contre les discriminations, encore faut-il pouvoir les mesurer.
Les 25,6 millions de personnes estimées par la HRCF ne constituent donc pas seulement une donnée électorale. Elles rappellent que les personnes LGBTQ+ représentent une part importante de la société américaine.
Les rendre moins visibles dans les statistiques ne les fait pas disparaître. Cela risque simplement de rendre leurs réalités plus difficiles à documenter, et leurs droits plus difficiles à défendre.














