Festival de Cannes 2026 : la Queer Palm confirme la montée des films LGBTQIA+

La Queer Palm 2026 a consacré jeudi à Cannes un film hybride et audacieux, symbole d’une visibilité accrue des récits LGBTQIA+ dans le cinéma international, dans un contexte où ces questions restent fortement politisées dans de nombreux pays.

Attribué en marge du Festival de Cannes, ce prix indépendant distingue chaque année un film abordant les thématiques liées aux identités de genre et aux sexualités. Pour cette édition, le jury a récompensé  « Teenage Sex and Death at Camp Miasma », réalisé par l’Américaine Jane Schoenbrun.

Présenté dans la section « Un Certain Regard », le film reprend les codes du cinéma d’horreur, et plus précisément du slasher, pour les transformer. Là où ce genre a longtemps véhiculé des clichés, l’œuvre propose ici une lecture différente, en mettant au centre les questions d’identité, de corps et de marginalité, avec un regard queer et trans.

Au total, 22 films étaient en lice cette année, un niveau inédit qui confirme la place croissante des récits LGBTQIA+ dans la création contemporaine. Le jury, composé de personnalités du monde artistique, était coprésidé par l’actrice Anna Mouglalis et le metteur en scène Thomas Jolly, entourés notamment de la musicienne et comédienne Jehnny Beth, de l’artiste Raya Martigny et du programmateur André Fischer.

Plusieurs œuvres en compétition ou dans les sections parallèles ont ainsi mis en avant des parcours liés à la transidentité, à l’homoparentalité ou encore aux discriminations.

Cette reconnaissance tombe dans un contexte international contrasté. Dans plusieurs pays, les droits des personnes LGBTQIA+ progressent. Mais ailleurs, des lois restrictives et des discours hostiles se multiplient. La mise en avant de ces récits dans un festival aussi important que Cannes envoie donc un signal fort.

La Queer Palm 2026 marque aussi une nouveauté : la création d’un prix de la révélation. Il a été attribué au film français « Du fioul dans les artères », pour encourager les nouvelles voix du cinéma queer.

Créée en 2010, la Queer Palm ne fait pas partie du palmarès officiel, mais elle joue un rôle important. Elle permet de mettre en lumière des films qui parlent de diversité et d’inclusion, et qui trouvent parfois moins facilement leur place dans les circuits classiques.

Avec ce palmarès, l’édition 2026 montre que le cinéma queer évolue. Il ne se limite plus à des histoires intimistes : il explore désormais tous les genres, y compris les plus populaires, pour raconter autrement les identités et les vécus LGBTQIA+.