Pyrénées-Orientales : à Elne, le nouveau maire supprime les symboles LGBT+

À Elne, dans les Pyrénées-Orientales, les premières décisions du nouveau maire suscitent une vive controverse, en particulier au sein des acteurs engagés contre les discriminations.

À peine installé à la tête de la commune, Steve Fortel a fait retirer le drapeau LGBT+ qui était hissé sur le fronton de l’hôtel de ville depuis environ cinq ans. Dans le même temps, le passage piéton aux couleurs de l’arc-en-ciel, situé devant la mairie, a été repeint en blanc. Inauguré en 2021 par l’ancienne municipalité de gauche, ce marquage symbolisait un engagement local en faveur de l’inclusion et de la lutte contre les violences anti-LGBTQIA+.

Le maire, classé à l’extrême droite par plusieurs observateurs, une étiquette qu’il conteste, n’a pas souhaité commenter immédiatement ces décisions. Il a indiqué qu’il s’exprimerait lors d’un prochain conseil municipal.

Ces mesures ont rapidement provoqué des réactions. Jean-Loup Thévenot, ancien président de l’association LGBT+66, a dénoncé une décision « scandaleuse ». L’ex-maire Nicolas Garcia y voit « une première mesure très politique », rappelant que l’installation du passage piéton arc-en-ciel faisait suite à des signalements d’agressions visant des personnes LGBTQIA+ et s’inscrivait dans une démarche plus large de prévention des discriminations.

Dans la commune, les avis apparaissent partagés. Certains habitants dénoncent un signal négatif envoyé à une minorité déjà exposée aux violences, tandis que d’autres estiment que ces symboles n’ont pas leur place dans l’espace public ou relativisent leur portée.

En France, les initiatives municipales visant à rendre visibles les droits des personnes LGBTQIA+, comme les drapeaux arc-en-ciel ou les passages piétons colorés, se sont multipliées depuis les années 2010. Elles répondent à un double objectif, afficher un soutien institutionnel et contribuer à la prévention des actes LGBTphobes, dont le nombre reste élevé selon les données du ministère de l’Intérieur.

À l’échelle européenne, ces symboles sont également devenus des marqueurs politiques. Dans plusieurs pays, leur remise en cause s’inscrit dans des politiques plus larges de restriction des droits LGBTQIA+, comme l’ont montré les controverses récentes en Europe centrale. Dans ce contexte, leur retrait peut être interprété par les associations comme un recul symbolique, voire comme un signal politique adressé aux minorités.

À Elne, la séquence intervient alors que la nouvelle équipe municipale n’a pas encore détaillé ses orientations en matière de lutte contre les discriminations. Le débat devrait se poursuivre lors du prochain conseil municipal, dans une commune où ces symboles avaient été installés pour affirmer une politique locale d’inclusion.