Enquête en cours après une triple agression LGBTphobe à Nancy

Trois jeunes ont été violemment agressés dans la nuit du 10 au 11 avril, en plein centre de Nancy, place Stanislas. Tous ont déposé plainte. Leurs témoignages décrivent une attaque collective d’une grande brutalité, accompagnée d’insultes visant leur orientation sexuelle et leur identité de genre.

Les faits se sont produits vers 3 heures du matin, à la sortie d’un établissement de nuit. Alors qu’ils quittaient les lieux pour rejoindre leur véhicule, le groupe est abordé par plusieurs individus. L’échange, d’abord insistant, devient rapidement hostile.

« Ils ont commencé à nous insulter, avec des propos comme “sale PD” et des insultes transphobes », rapporte l’une des victimes, une femme transgenre connue sur les réseaux sociaux. Elle affirme avoir été directement ciblée : « Il y avait beaucoup d’insultes de type “sale trans”. »

Melvyn, 23 ans, explique que le groupe a choisi de ne pas répondre et de s’éloigner. Mais les agresseurs les auraient suivis jusqu’à proximité de la fontaine, près de l’Opéra.

L’attaque survient alors brutalement. « L’un d’eux m’a balayé les jambes par l’arrière, je suis tombé au sol, puis ils se sont mis à plusieurs sur moi », témoigne-t-il. Les coups pleuvent : coups de pied, coups de poing, coups portés à la tête. « Ils criaient “défoncez-le, ce sale PD” », affirme-t-il.

Une autre victime évoque une scène d’une extrême violence : « Ils étaient une dizaine à le frapper au sol. » En tentant de lui venir en aide, elle dit avoir été frappée à son tour. « J’ai reçu un coup de poing dans le nez et j’ai perdu connaissance pendant plusieurs minutes. »

La troisième victime, également intervenue pour protéger ses amis, aurait subi des coups au visage et à la tête. Dans la confusion, certains agresseurs auraient aussi tenté de voler des effets personnels.

Les victimes décrivent une agression qui se prolonge malgré leurs tentatives de fuite. Melvyn parvient finalement à s’échapper, mais affirme avoir été poursuivi une première fois avant de réussir à se cacher. Ses amies, blessées, réussissent ensuite à le rejoindre avant l’arrivée des secours.

Transporté à l’hôpital, le jeune homme présente notamment un hématome crânien et des douleurs multiples. « Mais le plus dur, c’est le traumatisme », confie-t-il. L’une des victimes indique, de son côté, avoir dû consulter un médecin le lendemain pour faire constater ses blessures et avoir demandé un accompagnement psychologique.

Dans sa plainte, elle précise pouvoir identifier l’un des agresseurs présumés. L’enquête devra déterminer les responsabilités.

Le maire de Nancy, Mathieu Klein, a dénoncé lundi une « violente agression à caractère vraisemblablement transphobe et homophobe ». Il a indiqué que trois personnes avaient déposé plainte, qu’un suspect avait été identifié et que les images de vidéosurveillance étaient en cours d’exploitation.

La police nationale confirme l’ouverture d’une enquête, confiée à la Brigade de protection des personnes, sans se prononcer à ce stade sur le mobile exact des faits.

STOP homophobie va se constituer partie civile pour accompagner les victimes.

Pour Melvyn, il ne s’agit pas d’un fait isolé : « En 2026, en France, on peut encore se faire tabasser en pleine rue parce qu’on est homosexuel ou parce qu’on fréquente des personnes transgenres. »

Les témoignages décrivent une agression ciblée, où la violence physique s’est accompagnée d’insultes liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, des éléments susceptibles de constituer des circonstances aggravantes si l’enquête venait à les confirmer.

Notre soutien va aux victimes dans cette épreuve, ainsi qu’à leurs proches. Nous resterons à leurs côtés à chaque étape.