JO 2028 : la France alerte sur les tests de féminité imposés par le CIO

Le gouvernement français a vivement critiqué la décision du Comité international olympique (CIO) d’instaurer des tests génétiques pour déterminer l’éligibilité des athlètes dans les épreuves féminines des Jeux Olympiques, estimant qu’elle constitue un « recul » sur le plan éthique et juridique.

Le CIO a en effet annoncé ce 26 mars une nouvelle politique d’admissibilité pour les épreuves féminines des Jeux de Los Angeles en 2028. Cette politique impose à tous les concurrents souhaitant participer dans les compétitions féminines de subir une analyse génétique unique sur le gène SRY, qui permet d’identifier le développement sexuel masculin. Selon l’organisation, seul un résultat négatif à ce test permettra à une athlète d’être reconnue « biologiquement féminine » et donc d’être autorisée à concourir dans la catégorie féminine.

Cette mesure, qui entre dans le cadre d’une volonté présumée de « protéger la catégorie féminine » en sport de haut niveau, entraîne de fait l’exclusion des personnes transgenres qui ne répondent pas à ce critère biologique ainsi que d’autres personnes dont la biologie ne correspond pas strictement à la définition retenue par le CIO.

Marina Ferrari, ministre déléguée chargée des Sports, a ainsi condamné cette décision dans un communiqué, affirmant que la généralisation des tests génétiques soulève des questions éthiques, juridiques et scientifiques majeures. Elle a rappelé que ce type de test avait été abandonné à la fin des années 1990 pour ces mêmes raisons au sein du mouvement olympique.

La ministre a notamment souligné que la France s’oppose à une politique « qui définit le sexe féminin sans tenir compte de la diversité biologique », faisant référence aux personnes intersexes, dont les caractéristiques sexuelles peuvent varier naturellement. Ce type de définition, selon elle, risque de stigmatiser des sportifs et de contredire le principe d’égalité consacré dans le sport.

Paris a également annoncé la création prochaine d’un observatoire national réunissant experts, représentants des fédérations et athlètes, destiné à formuler des recommandations pour faire évoluer les pratiques sportives de manière à concilier équité et respect des droits fondamentaux.