Outre-Mer : Sept députés, dont l'ex-ministre Ericka Bareigts, signent une tribune contre l'homophobie (VIDEO)

Outre-Mer : Sept députés, dont l'ex-ministre Ericka Bareigts, signent une tribune contre l'homophobie (VIDEO)

Huguette Bello (PCF), Ericka Bareigts (PS), David Lorion (LR) et Jean-Hugues Ratenon (LFI), élus de La Réunion, Gabriel Serville (GDR), de la Guyane, Justine Bénin (MoDem), de la Guadeloupe, ainsi que son confrère, Olivier Serva (LREM), Président par ailleurs de la délégation aux outremer à l’Assemblée, ont partagé une tribune contre les violences et discriminations anti-LGBT, notamment saluée ce mercredi par la ministre Annick Girardin.

« Désormais, 23 pays autorisent les femmes qui aiment une femme, les hommes qui aiment un homme à célébrer publiquement leur union. L’égalité avance & c’est tant mieux ! », écrivent-ils, se félicitant des avancées de la loi depuis cinquante ans, depuis 1968, mais qui ne font pas toutefois les mentalités.

« Beaucoup reste à faire, s’agissant des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi & trans) ou d’autres minorités mais aussi de la majeure partie de l’humanité. L’actualité rappelle les écarts qui demeurent selon le sexe, au quotidien (dans les tâches ménagères, sur les fiches de paie, dans les assemblées ou les conseils d’administration), malgré les lois censées faire advenir l’égalité femmes-hommes. Nos sociétés continuent de vivre avec le sexisme, cette idée selon laquelle être un homme est mieux qu’être une femme, et c’est insupportable. »

« Être différent dans son orientation sexuelle, dans la manière dont on vit son identité de genre reste source de difficultés, de discriminations, d’exclusion au quotidien dans un univers par principe “hétérocentré”. Si les lois ouvrent de nouveaux droits, la vigilance est nécessaire : les violences et les discriminations lesbophobes, homophobes, biphobes et transphobes sont monnaies courantes. Les témoignages en sont nombreux, outre-mer comme dans l’Hexagone…

Outre-mers, d’autres associations peuvent être citées, membres notamment de la fédération “Total Respect – Tjenbé Rèd”. Fait unique, ô combien encourageant, des États généraux des Français/es d’outre-mers LGBT & de leurs ami/e/s ont été lancés le 14 février 2017 au ministère des outre-mer (en présence de deux ministres et deux délégués interministériels, avec le soutien de plusieurs député/e/s et de nombreuses, nombreux responsables associatifs). La déclaration de principes et d’objectifs adoptée permettra au monde LGBT & au monde ultramarin de défendre dans un cadre officiel les droits de chacun, chacune, qu’il ou elle soit en Europe ou habite outre-mer de combattre une vision “exotisante” des questions ultramarines ; simultanément, elle permettra au monde ultramarin de combattre une vision “européisante” des questions Lesbiennes, gays, bisexuelles ou trans-identitaires.

Nous, législatrices et législateurs de la France des outre-mers, fabriquons la loi au nom du peuple français mais notre mission est aussi de veiller à son application. Cette double mission nous oblige et nous aurons à coeur d’accompagner nos compatriotes LGBT+, leurs ami/e/s, leurs proches, leurs parents et leurs familles afin de combattre les exclusions, de faire advenir l’égalité concrète “pour tous” en dialoguant constamment avec les élu/e/s, le s institutions, les associations comme avec nos compatriotes.

Ce 14 février, nous souhaitons partager avec toutes et tous les Français/es d’outre-mers, de naissance ou de coeur, d’ici ou de là-bas, hommes ou femmes, lesbiennes, gays, bi ou trans, jeunes ou vieux, sans emploi ou au travail, malades ou non ! Ensemble, notre unité sera notre chance ! »

Juëlle Boyer, présidente de Total Respect, fédération des Françaises et Français d’outre-mers LGBT, s’est également félicitée de cette initiative, « une étape majeure dans le dialogue que nous menons depuis 13 ans sur les homophobies ».

Il est toutefois important de noter que M. Serva, qui depuis son investiture par les équipes d’Emmanuel Macron, voudrait dépoussiérer son blason, a qualifié, en 2012, l’homosexualité « d’abomination » et le mariage entre personnes de même sexe de « péché ». Il a ajouté, « en s’appuyant sur la Bible », qu’« être tolérant, ce n’est pas accepter l’intolérable », refusant de se laisser ainsi imposer une loi « en catimini par quelques lobbys qui influencent les députés » : « l’homosexualité est un choix, une préférence sexuelle qui est de l’ordre privé ! »

Des propos qu’il aura ensuite « profondément regrettés », mais seulement en pleines législatives 2017.