La candidate gay à la mairie de New York ne séduit pas les femmes

La candidate gay à la mairie de New York ne séduit pas les femmes

La démocrate Christine Quinn, seule femme et seule homosexuelle revendiquée candidate à la mairie de New York, a du mal à faire entendre sa voix dans la communauté féminine et lesbienne, certains lui reprochant son style, d’autres son programme.

Celle qui apparaît la mieux placée des six candidats démocrates pour obtenir l’investiture du parti pour succéder à Michael Bloomberg à la tête de la plus grande ville des Etats-Unis ne recueillerait que de 30% des suffrages chez les femmes si la primaire avait lieu maintenant, selon un sondage publié par l’université Quinnipiac le 29 juillet.

Alors qu’un autre des postulants démocrates, Anthony Weiner, est desservi par la divulgation de ses frasques sexuelles sur internet, Christine Quinn ne parvient pas à atteindre le niveau de 40% d’opinions favorables au total.

Ce pourcentage lui est pourtant nécessaire si elle veut remporter la primaire démocrate prévue le 10 septembre – l’élection du maire est prévue en novembre. Sinon, elle devra se plier à un second tour entre les deux candidats les mieux placés.

En cas de second tour avec Anthony Weiner, Christine Quinn l’emporterait haut la main (60%-33%), mais, face au candidat noir démocrate William Thompson, Christine Quinn serait battue avec 40% des suffrages des militants, contre 50% à William Thomson, toujours selon le sondage Quinnipiac.

« Ce n’est pas parce qu’elle est lesbienne que je vais voter pour elle », déclare Veronica Gonzales, 32 ans, rencontrée à Cubbyhole, un bar lesbien de Greenwich Village. Elle n’est pas assez libérale d’un point de vue social, et puis, elle a cet air comme si elle était au-dessus de tout le monde, au-dessus de nous. »

Veronica Gonzales, qui travaille pour une association, prévoit de voter pour le médiateur de New York, Bill de Blasio, dont le programme lui semble plus clair.

Christine Quinn, qui occupe les fonctions de présidente du Conseil municipal de New York, sorte de numéro deux derrière le maire, sera-t-elle la première femme à diriger Big Apple ? Malgré sa réputation progressiste, la ville n’a élu que peu de femmes à des fonctions dirigeantes.

La plus connue était Elizabeth Holtzman, qui a occupé le poste de contrôleur financier de la ville, entre 1990 et 1993. La plus récente était Betsy Gotbaum, qui a occupé le poste de médiateur, jusqu’à la fin 2009.

ABRUPTE ET CALCULATRICE

Les critiques de Christine Quinn citent souvent son style, que certains qualifient d’abrupt. Certains la disent calculatrice. Le soutien qu’elle avait apporté à une modification temporaire au statut de maire, qui avait permis à Michael Bloomberg et à d’autres élus d’être candidats à un troisième mandat, a également été utilisé contre elle.

Ces dernières semaines, Christine Quinn, favorable depuis longtemps au mariage gay, a cherché à se présenter comme la candidate offrant une opportunité historique pour les New-Yorkaises.

Son équipe de campagne vient de présenter les soutiens qu’elle a obtenus de l’Organisation nationale des femmes et de la militante féministe Gloria Steinem.

Lors de la Gay Pride à Greenwich Village, Christine Quinn a défilé aux côtés d’Edie Windsor, le New-Yorkais dont le cas porté devant la Cour suprême a permis aux couples gays de recevoir des aides fédérales cette année.

Selon son équipe, la présidente du Conseil municipal a prévu quelques publicités ciblées sur Facebook demandant aux femmes de « d’entrer dans l’Histoire avec Chris Quinn ».

Son porte-parole Mike Morey l’assure, Christine Quinn s’est battue pour sauver des emplois dans l’éducation et contre la fermeture de casernes de pompiers.

« C’est la seule candidate qui a un vrai bilan de réalisations pour la classe moyenne », affirme Mike Morey.

Au Cubbyhole, Jaimie Ho, 35 ans, ingénieur structures, n’est pas sûr de voter pour la candidate.

Elle se souvient l’avoir vue à la Gay Pride : « Elle ne semblait pas accessible. Elle avait une tonne de gardes du corps autour d’elle », regrette Jamie Ho, tandis qu’en arrière-plan dans le bar se déhanche une femme vêtue d’un short en cuir et d’une perruque rouge.

lesechos.fr/