Campagne anti-VIH assimilée à de la « violence et pornographie » : les plaintes contre Aides classées sans suite

Le 1er décembre dernier, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, AIDES diffusait sa campagne nationale de prévention « Révélation » : une série de photographies en noir et blanc de couples nus, hétérosexuels et homosexuels, avec le message « les séropositifs sous traitement ont beaucoup de choses à nous transmettre. Mais pas le virus du sida ».

L'efficacité des antirétroviraux le rendent en effet « indétectable dans le sang et les fluides corporels des personnes infectées ». L'association espérait qu'une telle information « bousculerait en profondeur les représentations sur les personnes vivant avec le VIH. »

Mais en pleine controverse autour des affiches déjà vandalisées de Santé Publique France qui montraient des couples gay, cette nouvelle campagne ne fera pas non plus l'unanimité « face à la remontée du puritanisme dans la mouvance de La Manif pour Tous. »

Après les salves d'injures et menaces sur les réseaux ou par courrier, les locaux de l'association seront également saccagés à Nantes, Versailles et Laval (en Mayenne), où des riverains se constitueront en Collectif pour déposer trois plaintes contre Aides pour « diffusion d'un message violent ou pornographique contraire à la dignité, accessible à un mineur. » Délit passible de trois ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Elles avaient été jugées recevables par le procureur. Mais après investigation, le parquet de Laval s'est finalement prononcé ce jeudi pour un classement de l'affaire sans suite judiciaire.

Joëlle Berthout
stophomophobie.org

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