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Bobigny : 15 ans de réclusion pour le viol « punitif » d'une lesbienne

Bobigny : 15 ans de réclusion pour le viol « punitif » d'une lesbienne

Un homme de 24 ans, accusé d'avoir violé, battu et volé une jeune femme « en raison de son orientation sexuelle », a été condamné, ce vendredi 6 mars, à 15 ans de prison, soit la peine maximale. Mais la cour d'assises de Seine-Saint-Denis n'a pas retenu le caractère homophobe.

Dans son réquisitoire, l'avocate générale l'avait souligné, jugeant que l'agression subie par la victime, Jeanne (prénom modifié), 34 ans, dans son appartement de Saint-Ouen le 8 octobre 2017, avait pour objectif de « la détruire ».

Cette nuit-là, après avoir rencontré un garçon « sympathique », place de la République à Paris, la jeune femme, qui se présente comme « préférant les filles », rentre avec lui. Mais alors qu'elle change d'avis et refuse d'avoir un rapport sexuel, elle « lit soudain la haine dans ses yeux ». Avant d'entendre cette phrase : « Ah, tu kiffes les meufs ? Je vais te faire kiffer ».

Suivront une heure et demie de coups et sévices sexuels. Jusqu'à ce que le jeune homme finisse par quitter l'appartement, en dérobant également une chevalière et la carte bancaire de sa victime.

« Est-ce que n'importe quelle femme qui se refuse à lui, il l'aurait violée ? Non, c'est car elle refuse son sexe d'homme qu'il la viole », « c'est à cause de ça qu'il bascule dans la violence », a insisté l'avocate générale.

« Quatre pour cent des femmes hétérosexuelles disent avoir été victimes de viol, contre 10 % des femmes lesbiennes. On ne peut pas faire semblant de ne pas comprendre ». « Un macho est plus violent avec une lesbienne », a-t-elle lancé, citant à plusieurs reprises l'essai « King Kong Théorie », où l'écrivaine Virginie Despentes évoque le viol qu'elle a subi.

Pendant tout le procès, l'accusé a répété « ne pas avoir été violent » avec la plaignante, assurant que sa préférence pour les filles ne lui posait pas problème. Il avait déjà été condamné pour trafic de drogue, vol avec violence et était connu de la police pour des faits d'agression sexuelle.

L'avocat de Jeanne, Stéphane Maugendre, s'est quant à lui dit « satisfait » par la décision, précisant à l'AFP « ne pas être déçu » que la circonstance aggravante n'ait pas été retenue.

« Il n'y avait que la parole de Jeanne, ça n'a pas suffi aux jurés, mais le plus important est que le procès, public, se soit tenu autour de ce sujet. C'est rarissime, et ça a amorcé un tournant ».

L'expertise médicale, effectuée quelques heures après les faits, relèvera « très nombreuses plaies » sur l'ensemble du corps de Jeanne, « une perforation du tympan » et des ecchymoses au niveau du cou et du thorax, et lui accordera vingt jours d'incapacité totale de travail (ITT).

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