Dépénalisation de l’homosexualité : une déclaration portée par la France à l’ONU

STOP homophobie salue une initiative soutenue par plus de 50 États au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Une avancée diplomatique qui doit maintenant ouvrir la voie à des changements concrets.

Le 7 octobre 2026, à Genève, la France a présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations unies une déclaration conjointe en faveur de la dépénalisation universelle des relations consenties entre personnes de même sexe. Soutenu par plus de 50 États, le texte affirme que la criminalisation de ces relations est incompatible avec les principes internationaux des droits humains et appelle les pays concernés à revoir leur législation.

Cette initiative marque une étape importante. Pour la première fois, la dépénalisation de l’homosexualité a été directement placée au centre d’une déclaration au sein de cette instance des Nations unies. STOP homophobie salue cette démarche, qui contribue à maintenir la question au cœur des discussions internationales.

Dans les pays où ces relations restent criminalisées, les personnes concernées risquent des arrestations, des poursuites judiciaires, des peines de prison et, dans certains cas, la peine de mort. Ces lois alimentent également les violences, le chantage et les discriminations, en rendant plus difficile la dénonciation des abus et l’accès à une protection.

Une avancée diplomatique qui reste à concrétiser

La portée de cette initiative doit toutefois être précisée. Un projet de résolution avait initialement été présenté par la France et l’Albanie, avant d’être retiré. La déclaration conjointe a finalement permis de maintenir le sujet à l’ordre du jour et de réunir un large soutien, mais elle n’a pas donné lieu à l’adoption d’une résolution sur la dépénalisation.

Cette différence compte : une déclaration politique ne modifie pas directement les législations nationales et n’impose pas, à elle seule, de nouvelles obligations juridiques aux États. Elle constitue néanmoins un signal diplomatique important et une base pour poursuivre les efforts en faveur de l’abrogation des lois répressives.

Cette démarche s’inscrit dans la continuité des initiatives engagées aux Nations unies depuis plusieurs années. En 2008, une déclaration en faveur de la dépénalisation avait déjà été portée à l’Assemblée générale, à New York. Le texte présenté à Genève entend aujourd’hui donner une nouvelle impulsion à cette mobilisation.

Mettre fin aux lois qui criminalisent les personnes LGBT+

Pour STOP homophobie, le soutien exprimé par plus de 50 États constitue un signal encourageant. Mais les déclarations ne suffiront pas tant que des personnes continueront d’être poursuivies ou emprisonnées en raison de relations consenties entre adultes.

L’association appelle les États à poursuivre cette mobilisation et à la traduire en actes : abroger les dispositions pénales qui criminalisent ces relations, protéger les personnes exposées aux persécutions et garantir aux associations et aux défenseurs des droits humains les moyens d’agir.

La dépénalisation universelle reste un objectif essentiel pour que l’orientation sexuelle ne puisse plus servir de prétexte à des poursuites ou à des atteintes aux libertés fondamentales. L’initiative portée à Genève constitue un point d’appui. Il appartient désormais aux États de faire en sorte que cette avancée diplomatique se traduise dans les lois et dans la vie des personnes concernées.