Christophe Paco et Nicolas Aragona, alias Supersero, qui ont entamé ce lundi 24 août une grève de la faim devant le palais de justice de Reims pour dénoncer la sérophobie, seront reçus le 2 septembre par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations. STOP Homophobie participera à cette réunion, aux côtés de la DILCRAH, du Défenseur des droits et du ministère de la Santé.
Après un premier échange avec les deux militants il y a 3 jours, la ministre leur a proposé une réunion de travail le 2 septembre au ministère. Malgré cette annonce, Christophe Paco et Nicolas Aragona ont indiqué mardi poursuivre leur grève de la faim.
Les deux hommes demandent aux pouvoirs publics de prendre des mesures contre les discriminations liées au VIH. Ils souhaitent notamment une reconnaissance juridique de la sérophobie, une campagne nationale d’information et un dispositif permettant aux personnes vivant avec le VIH de signaler les discriminations et d’être orientées vers un accompagnement juridique.
Des revendications en trois volets
Leurs demandes s’articulent autour de trois axes.
Reconnaître et prévenir la sérophobie, avec notamment une reconnaissance juridique des discriminations liées au statut sérologique réel ou supposé, une campagne nationale sur la sérophobie et le principe « Indétectable = Intransmissible » (I=I), ainsi qu’une journée nationale de sensibilisation.
Ils demandent également que le VIH, I=I et la sérophobie soient intégrés à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Deuxième volet : mieux informer et protéger les personnes vivant avec le VIH. Christophe Paco et Supersero proposent notamment la remise d’une fiche nationale sur les droits après l’annonce d’un diagnostic, une information officielle sur la confidentialité du statut sérologique et sa divulgation, ainsi qu’un dispositif national de signalement, d’orientation et d’accompagnement juridique des victimes de sérophobie.
Ils demandent également que l’accès aux soins et à l’emploi soit garanti sans discrimination liée au VIH et souhaitent une réévaluation des surprimes d’assurance emprunteur appliquées aux personnes vivant avec le VIH.
Enfin, les deux militants demandent à l’État de désigner un interlocuteur clairement identifié, d’engager une première réunion de travail et d’établir un calendrier avec des échéances précises.
Une mobilisation qui se poursuit
Nicolas Aragona, 37 ans, connu sous le pseudonyme Supersero, compte environ 400 000 abonnés sur TikTok et 110 000 sur Instagram, où il mène un travail de sensibilisation sur le VIH. Il affirme subir régulièrement des vagues de harcèlement et des menaces de mort.
Christophe Paco, 53 ans, affirme de son côté avoir déposé plusieurs plaintes après des faits de harcèlement liés à sa séropositivité, qui auraient toutes été classées sans suite.
Les deux hommes appellent à des rassemblements mercredi 26 août à 18 heures devant les palais de justice partout en France.
Une pétition lancée par Christophe Paco avait dépassé 5 000 signatures mardi 25 août, selon son compteur en ligne, dont plus de 1 500 depuis le début de la grève de la faim.
Signer la pétition « Campagne d’information sur la sérophobie et loi punissant les sérophobes »
Une réunion attendue le 2 septembre
Pour STOP homophobie, cette rencontre doit permettre d’aborder la sérophobie au-delà des situations personnelles des deux militants et d’examiner les mesures pouvant être mises en œuvre.
L’association participera aux échanges avec les personnes concernées et les représentants des institutions présentes. Elle souhaite notamment que les propositions portant sur l’information, la prévention, la protection des victimes et l’accès aux droits puissent faire l’objet d’un travail concret.
En France, environ 181 000 personnes vivaient avec le VIH en 2023 et 5 100 personnes ont découvert leur séropositivité en 2024, selon Santé publique France.
La réunion du 2 septembre doit désormais permettre de déterminer quelles mesures peuvent être engagées et dans quel calendrier, alors que la France s’est fixé l’objectif de « zéro discrimination » liée au VIH à l’horizon 2030.















