États-Unis : le républicain Andy Ogles, qui affirmait que « l’homosexualité n’a pas sa place en Amérique », battu dans sa primaire

Le représentant républicain du Tennessee Andy Ogles, soutenu par Donald Trump, a perdu le 6 août la primaire de son parti. Quelques semaines auparavant, il avait déclenché une polémique en affirmant que « l’homosexualité n’a pas sa place en Amérique ».

Lui non plus en politique désormais. Du moins, concernant son siège à la Chambre des représentants. Andy Ogles a été battu par Charlie Hatcher, ancien commissaire à l’Agriculture du Tennessee, qui a remporté la primaire républicaine dans la 5e circonscription de l’État.

« Homosexuality has no place in America »

Au début du mois des Fiertés, en juin dernier, Andy Ogles avait publié sur son compte X un message affirmant : « Homosexuality has no place in America. Happy Nuclear Family Month », soit : « L’homosexualité n’a pas sa place en Amérique. Joyeux mois de la famille nucléaire. »

La publication avait rapidement suscité des réactions, y compris au sein du Parti républicain. Le représentant Mike Lawler avait dénoncé une déclaration « idiote », rappelant que les personnes gays et lesbiennes sont des citoyens américains à part entière.

Le sénateur républicain Ted Cruz avait lui aussi pris ses distances avec Ogles. Interrogé sur le sujet, il avait estimé que les homosexuels avaient toujours fait partie de l’humanité et que le comportement d’adultes consentants relevait de leur vie privée.

Ogles avait ensuite supprimé le message et affirmé qu’il avait été publié par un membre de son équipe, qualifiant cette publication de « stupide » et « blessante ».

Le mois d’avant, il avait déjà taclé les « musulmans » avec la même phrase, affirmant qu’ils n’avaient pas non plus « leur place dans la société américaine » et que « le pluralisme est un mensonge ».

Il avait également appelé à l’expulsion de Zohran Mamdani, alors candidat démocrate à la mairie de New York, bien que celui-ci soit citoyen américain.

Une défaite significative

Quelques jours seulement après avoir reçu le soutien de Donald Trump, Andy Ogles a été écarté par les électeurs républicains de sa propre circonscription.

Les déclarations désignant une population comme indésirable ne sont pas anodines. Lorsqu’un élu affirme publiquement que l’homosexualité « n’a pas sa place » dans son pays, il ne s’agit pas seulement d’une prise de position sur les droits LGBTQ+ : c’est la légitimité même d’une partie de la population à appartenir pleinement à la société qui est mise en cause.

Andy Ogles quitte ainsi la course à sa réélection et ne pourra pas briguer un nouveau mandat à la Chambre des représentants.