Rainbow Map 2026 : la France stagne à la 15e place des droits LGBTQIA+ en Europe

La France reste bloquée à la 15e place du classement européen des droits LGBTQIA+, avec un score d’environ 61 %, selon la nouvelle édition de la Rainbow Map publiée mardi 12 mai par ILGA-Europe. Une stabilité en apparence, mais qui traduit une stagnation prolongée face à des pays européens qui continuent, pour certains, d’avancer.

Dans le même temps, STOP homophobie a publié son propre rapport détaillant la situation des droits LGBTI en France, à consulter ici : Rapport STOP homophobie 2026 – état des droits LGBTI en France

Ce classement, qui évalue 49 pays (46 membres du Conseil de l’Europe, auxquels s’ajoutent le Kosovo au statut juridique spécifique, ainsi que la Russie et la Biélorussie) à partir de leurs législations et politiques publiques, confirme une Europe de plus en plus contrastée. D’un côté, plusieurs États accélèrent les réformes. De l’autre, certains reculent. Entre les deux, la France ne progresse plus.

L’Espagne arrive donc cette année en tête, suivie de Malte, de l’Islande, de la Belgique, du Danemark, de la Finlande, de l’Allemagne, de la Norvège, de la Suède, du Luxembourg, de la Grèce, du Portugal, des Pays-Bas, de l’Irlande et de la France. Viennent ensuite l’Autriche, la Slovénie, le Monténégro, la Croatie, la Suisse, l’Estonie, le Royaume-Uni, Andorre, l’Albanie, la Moldavie, la République tchèque, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Serbie, Chypre, le Liechtenstein, la Lettonie, la Macédoine du Nord, Saint-Marin, la Slovaquie, l’Italie, la Lituanie, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, l’Ukraine et la Roumanie. Enfin, le classement se termine avec Monaco, la Géorgie, l’Arménie, la Biélorussie, la Turquie, l’Azerbaïdjan et la Russie.

Une position figée dans le classement

Déjà 15e l’an dernier, la France conserve sa position sans amélioration notable de son score. Elle se situe au-dessus de la moyenne européenne, estimée autour de 50 %, mais reste loin des pays les plus avancés, qui atteignent entre 85 % et 90 %.

Ce décalage s’explique moins par un recul français que par une dynamique européenne : les autres États progressent plus vite.

Des pays moteurs en Europe

En tête du classement, l’Espagne prend cette année la première place, devant Malte et la Belgique. Ces pays ont récemment adopté des réformes renforçant notamment les droits des personnes trans et la reconnaissance de l’identité de genre.

À l’inverse, plusieurs États d’Europe centrale poursuivent un recul assumé des droits LGBTQIA+. Dans ce contexte, la France apparaît dans une position intermédiaire, sans trajectoire claire.

Des acquis anciens, peu renouvelés

La France conserve un socle juridique issu de réformes majeures adoptées il y a plus de dix ans, comme le mariage pour tous ou les dispositifs de lutte contre les discriminations.

Ces avancées restent centrales dans son classement. Mais elles ne suffisent plus à compenser l’absence de nouvelles réformes, alors que les critères européens ont évolué.

Des retards identifiés

La Rainbow Map pointe plusieurs points de blocage.

La reconnaissance de l’identité de genre reste encadrée par des procédures jugées contraignantes par les associations, loin des modèles fondés sur l’autodétermination adoptés dans plusieurs pays européens.

La France ne reconnaît pas les identités non binaires dans son droit.

Elle n’interdit pas non plus de manière explicite les interventions médicales non consenties sur les personnes intersexes.

Un écart entre droit et réalité

Comme chaque année, ILGA-Europe rappelle que son classement porte sur les cadres juridiques, et non sur les conditions de vie.

En France, les violences et discriminations visant les personnes LGBTQIA+ restent une réalité documentée. Des agressions, notamment dans le cadre de guet-apens, continuent d’être signalées régulièrement.

Une stagnation durable

La publication 2026 ne met pas en évidence de recul brutal pour la France, mais confirme une tendance installée : l’absence de progression.

Dans une Europe où certains pays accélèrent fortement leurs politiques en matière de droits LGBTQIA+, cette stagnation entraîne un décrochage relatif.

La France conserve ses acquis. Mais sans nouvelles évolutions législatives, elle s’éloigne progressivement des États qui structurent aujourd’hui les standards européens en matière d’égalité.