Témoignage : « L’homosexualité est très mal vu dans nos sociétés africaines »

Témoignage : « L’homosexualité est très mal vu dans nos sociétés africaines »

« L’homosexualité étant vu d’un mauvais œil dans nos sociétés africaines, il est alors difficile à certains homosexuels de s’afficher en public à cause de leur aspect physique, par lequel on les reconnaît. »

Nathan, c’est son nom d’emprunt, s’est confié à l’origine sur le site “news.icilome.com“.

« Je le savais déjà à 12 ans que j’étais gay. J’étais attiré par mes amis garçons. Je faisais d’ailleurs remarquer à certains qu’ils étaient attirants. Et, j’ai eu la confirmation à mes 15 ans, lorsque j’ai embrassé un camarade de classe avec qui je répétais. Tellement il était mignon. J’ai dû franchement le surprendre et je pense qu’il n’aurait pas imaginé qu’un garçon allait un jour l’embrasser », déclare Nathan, timidement.

« J’ai eu la chair de poule et une forte sensation. Mais après cela, j’ai fait des efforts pour repousser les sensations, si fortes en moi. Mais toujours est-il que lorsque je vois un bel homme et bien stylé, je me sens attiré par lui ».

Nathan pense qu’il est trop efféminé et son poids le rend plutôt mal à l’aise : « Je suis ainsi depuis mon enfance. Malgré les efforts de mes parents pour que j’aie l’air d’un vrai homme, je suis resté comme ça. Ce qui fait que dans le quartier et à l’école, je suis devenue la risée de certains. Des fois, je me sens très mal, et différent de mes camarades. »

« Je suis passif, d’ailleurs en voyant ma corpulence, vous pouvez le savoir », souligne t-il, avant d’ajouter que « la nature de l’homosexuel ne se détermine pas forcément par sa corpulence ».

« Un passif n’est pas non plus forcement efféminé. Mais j’avoue qu’il est rare de voir un actif efféminé. Car en réalité, tous les gays ont un coté efféminé. Mon cas est flagrant avec mes agissements et même ma voix ».

Si cela ne tenait qu’à lui, il s’afficherait publiquement avec son partenaire « comme le font les hétéros. Mais hélas ! »

« J’envie les hétéros. Ils sont libres de vivre leur amour, sans contraintes. Vous hétéros, vous pouvez embrasser en pleine rue et vous amourachez, mais chez nous c’est impossible. Les gens vont nous lapider ! Déjà, que nos sociétés africaines n’acceptent pas l’homosexualité, alors de là nous voir flirter.. Franchement, je ne regrette pas parce que je suis gay. Mais c’est à cause de l’image qu’on nous attribue au sein de la société, je me sens très mal. Et d’autres amis gays me le disent aussi. Si je pouvais devenir un hétéro, je l’aurai déjà fait. Mais malheureusement c’est impossible. Je n’y arrive pas. Les femmes ne me disent absolument rien, puisque moi-même je suis indirectement femme. Dieu aurait mieux fait de me créer femme ».