Sexistes, antisémites et notoirement homophobes : La réunion de l'UOIF à Lille se tiendra sans 3 orateurs vivement contestés

Sexistes, antisémites et notoirement homophobes : La réunion de l'UOIF à Lille se tiendra sans 3 orateurs vivement contestés

Les organisateurs de la prochaine réunion annuelle des musulmans du Nord, prévu samedi 7 février à Lille sous l'égide de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), ont déprogrammé trois orateurs étrangers dont la présence annoncée avait été vivement contestée.

Le Syrien Mohamed Rateb al-Nabulsi, le Marocain Abouzaïd al-Mokri et le Saoudien Abdallah Salah Sana'an « sont déprogrammés en réponse à la polémique et dans un souci d'apaisement », a déclaré mardi à l'AFP le président de l'UOIF, Amar Lasfar. Il avait jusque là écarté cette éventualité, estimant qu'il revenait à la police de « faire son travail si elle estime qu'untel ou untel pose problème à la République ». « On n'a rien à prouver, cela fait 33 ans qu'on organise ce genre de rencontre. Si quelqu'un dérape, il sera rappelé à l'ordre, tout simplement», avait-il assuré.

La Ligue islamique du Nord, l'antenne locale de l'UOIF, a également confirmé dans un communiqué la déprogrammation de ces trois intervenants, « soucieuse de préserver la sérénité et pour mettre fin à la polémique injustifiée autour de certains invités ». Elle dénonce en outre « le procès d'intention qui est fait à l'encontre de cette manifestation avec des manœuvres peu scrupuleuses et peu démocrates de certains ».

Procès d'intention ?

Si l'on se penche toutefois sur les profils de « ces conférenciers, universitaires qui ont fait leur preuve » mais suscitent pourtant le malaise, le premier Mohamed Rateb Al-Nabulsi, clame que « l'homosexualité est contraire à la nature humaine, qu'elle implique un endroit sale et ne génère pas de progéniture... d'où son châtiment : la peine de mort ». Il considère aussi l'épidémie de sida comme une sanction divine « infligée à l’homme à cause de sa déviance morale » et qu'une femme est « censée passer sa vie au foyer et parler aux hommes "à travers un rideau" ».
Il aura même qualifié dans une interview sur la chaîne Al-Jazeera la coalition internationale contre l'Etat islamique de « mécréante », délégitimant, sur la base de textes religieux, la participation des arabes et des musulmans dans cette guerre contre le terrorisme.

Le second, Abouzaïd Al-Mokri est plus connu, comme le souligne l'Observatoire de l'islam politique, pour ses propos antisémites. Évoquant « un complot », il considère « la haine des juifs comme un acte de foi, approchant à Dieu » et que « les chrétiens sont des idiots, plus sioniste que les sionistes... »

Et, le troisième, Abdallah Salah Sana'an, tout aussi célèbre pour ses avis scandaleux concernant la position de la femme dans la société, est un grand admirateur de cet autre Frère Musulman, un certain Abdelaziz Al-Fawzane, qui mélange allègrement dans une vidéo « homosexualité et pédophilie », appelant jusqu'à l'exécution des enfants qui en seraient victimes :

« Certes l’homosexualité est un grand péché. Mais plus grave encore est lorsqu’un homme fait l’amour à un garçon. Vous trouvez un criminel, qui ne craint pas Allah, attirant par l’argent ou par la ruse, un enfant de six, sept ou de huit ans vers ce crime ignoble. Cela détruit la vie de cet enfant. C’est pour cela, nos prédécesseurs, les Salafs, avaient dit : Tuer cet enfant est préférable qu’il soit partenaire d’un acte sexuel comme s’il était une femme. Le Prophète a dit : "Ceux que vous voyez adopter les mœurs du peuple de Loth [ l’homosexualité ], tuer l’actif et tuer le passif " ».


Parmi les autres invités controversé figurent l'islamologue suisse, Tariq Ramadan, qui déclarait, dans le cadre d’une conférence à Doha au Qatar le 19 décembre dernier, qu'on ne pouvait pas normaliser l’homosexualité « dans notre famille, avec nos enfants, il faut rester solide. Il faut prévenir [...] On ne peut pas normaliser ça, on ne peut pas normaliser ceci... ».

Devant tant d'amour « sulfureusement décomplexé », des personnalités de droite comme de gauche ont manifesté leur émotion et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve a promis « une totale vigilance sur les propos qui tomberont sous le coup de la loi : Chacun doit se tenir au strict respect des principes de droit et des principes républicains. L'Etat y veillera ! »

Terrence Katchadourian
stophomophobie.org
(avec AFP)