PMA pour toutes : Christophe Castaner réaffirme son soutien, Édouard Philippe assure avoir « évolué » (VIDEOS)

Invité, ce mercredi 27 septembre, pour une soirée d'échanges et de débats avec le public à SciencesPo Paris, Christophe Castaner, le secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargé des Relations avec le Parlement, et porte-parole du gouvernement, est revenu sur la question de la procréation médicalement assistée (PMA) et son extension à toutes les femmes, réaffirmant ainsi ses positions en faveur, comme lors des débats autour de la loi Taubira en 2012/2013.

« Est-ce qu'il faut un père et une mère pour avoir un enfant ? Moi je considère que non. La preuve c'est que j'ai voté le Mariage pour tous, j'en ai célébré, et que ça se passe bien », a-t-il expliqué, regrettant l'hystérisation sur le sujet.

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa avait confirmé le 12 septembre dernier, que l'élargissement de la PMA aux lesbiennes et aux femmes seules, « engagement de campagne » d’Emmanuel Macron, serait bien tenu, dès 2018, « avec les révisions de la loi bioéthique ». Mais, dès le lendemain, l'Élysée relativisait : « Sur ce sujet, ce n'est pas son ministère qui sera en première ligne ». Gérard Collomb, n'a d'ailleurs pas hésité à dénoncer une mesure qui « pose sans doute un certain nombre de problèmes », évoquant la nécessité de « mettre des garde-fous ».

Et ce jeudi soir, interrogé sur le plateau de « l'Émission politique » de France 2, le Premier ministre Édouard Philippe, évasif, a néanmoins confié avoir « évolué sur ces questions », comme toute la société. Les mêmes qui vous disaient, « jamais nous n'autoriserons le mariage homosexuel, et s'il arrivait, nous le supprimerions au moment venu, vous répètent aujourd'hui qu'ils n'y reviendront pas », a-t-il fait remarquer, dans un tacle, contre Laurent Wauquiez notamment, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui n'entend plus abroger la loi depuis sa candidature à la présidence de LR.

En février 2013, alors député UMP, M. Philippe s'était pourtant abstenu de la voter, en raison de « l'adoption plénière, autorisée par le texte, [qui] nous engage sur une voie qui n'est ni nécessaire ni raisonnable », avait-il justifié dans une tribune cosignée par Nathalie Kosciusko-Morizet.

« J'ai écrit un texte dans lequel je disais que j'étais favorable au mariage homosexuel, à l'adoption par les couples homosexuels et, c'est vrai, opposé à la PMA avec le risque que ça bascule vers la GPA », a-t-il rappelé. Mais, le président a indiqué qu'il y était favorable, qu'il écouterait les spécialistes et que cette extension de la PMA se ferait au terme d'un débat (...)

« J'ai rencontré des couples qui ont eu recours à cette technique en Belgique, Espagne. Je vois ce que ça suscite, ce que ça permet, mais pas ce que ça enlève. J'ai envie d'en discuter avec des gens », a précisé le Premier ministre, soulignant que s'il s'interroge et « chemine à mon rythme sur les questions d'étique », il n'y a rien « de confus en la matière », , assure-t-il, concluant sur son souhait « d'un débat public apaisé ».

Selon un sondage Ifop pour le site My-Pharma.info, paru ce vendredi 22 septembre, au moins 64 % des Français sont favorables à cette ouverture aux couples de femmes et 65 % pour les célibataires.

« On atteint un niveau record en termes d’acceptation pour les lesbiennes », a commenté François Kraus, directeur d'études à l'Ifop. « Il n’y a donc pas de risque d’opinion pour le Président Macron à mettre en application ce qui constitue l’une de ses promesses de campagne, dans la mesure où non seulement près de 2 français sur 3 sont favorables aujourd’hui à cette légalisation mais dans ce qui constitue le cœur du soutien du gouvernement ce taux d’adhésion est encore plus fort avec 69 %. Et il est aussi important au MODEM à 63 % ».

Terrence Katchadourian
stophomophobie.com

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