Huit hommes jugés pour des « violences en réunion » à l'encontre des Femen lors d'une manif anti-mariage pour tous

Huit hommes jugés pour des « violences en réunion » à l'encontre des Femen lors d'une manif anti-mariage pour tous

Seins nus et recouvertes de slogans, comme à chacune de leurs actions, elles avaient fait irruption, ce 18 novembre 2012, en plein milieu d'un rassemblement, organisé à Paris par les catholiques intégristes de Civitas pour protester contre le projet de loi d'ouverture du mariage et l'adoption pour les couples homosexuels.

Violemment prises à partie, les jeunes femmes ont été rouées de coups et pourchassées par une trentaine de manifestants, répartis en « plusieurs petits groupes de durs », avait d'ailleurs décrit l'essayiste Caroline Fourest, qui les accompagnaient, avec également une photographe.

« Les mecs hurlaient qu'ils allaient nous tuer et nous violer. D'autres ont dit qu'ils savaient qu'on était au Lavoir moderne et qu'ils allaient se venger... Pendant l'agression, les seules personnes qui nous ont aidées sont les journalistes et des militants LGBT. Sur le moment, j'ai vraiment eu très peur », avait confié deux des militantes dans un témoignage aux Inrocks.

Huit hommes, âgés de 27 à 58 ans, parmi lesquels des militants d'extrême droite et un membre du service d'ordre de Civitas, seront ainsi jugés à partir de mercredi 17 à Paris pour des « violences en réunion ». Ils ont notamment été identifiés grâce aux vidéos tournées pendant cette manif, médiatisée, mais certains ont nié toute violence physique, d'autres minimisent leur implication.

Le plus notoire, Logan Djian, 28 ans, déjà détenu dans un autre dossier, ne devrait pas être présent en raison de « problèmes de santé », selon une source proche du dossier.

« Nous espérons que la justice reconnaisse les violences exercées sur les militantes Femen lors d'une action non violente, uniquement dans le but de rappeler leur position sur le mariage pour tous », a déclaré à l'AFP Michaël Ghnassia, qui défend cinq d'entre elles avec Valentine Rebérioux.

A l'époque, le président de Civitas Alain Escada s'était insurgé contre la « désinformation institutionnelle », accusant les Femen d'avoir attaqué les membres de l'institut.

Une association de catholiques traditionalistes, l'Agrif, l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne, avait en outre attaqué six de ces militantes pour injure au cours de cette même manifestation. Elle avait finalement été déboutée.

Le procès doit durer jusqu'à vendredi. Tout notre soutien aux Femen !