Action des Femen contre les anti-mariage pour tous : La Cour de cassation confirme la relaxe de six militantes

Action des Femen contre les anti-mariage pour tous : La Cour de cassation confirme la relaxe de six militantes

Elle s'étaient invitées, en novembre 2012, corps tagués et voile sur la tête, dans le cortège d'une manifestation contre le mariage entre personne de même sexe, revendiquée par les intégristes de Civitas. L'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF), autre association proche de l’extrême droite, criant à « l'outrage et l'injure », avait alors décidé de poursuivre six des jeunes femmes en justice.

En février 2016, le tribunal correctionnel les a « blanchies » des accusations, estimant notamment que si la formule « Fuck Church », « traduit incontestablement une position à la fois tranchée et injurieuse », elle ne pouvait « en aucun cas » être perçue « comme une attaque directe et personnelle dirigée contre les catholiques ».

La cour d'appel a suivi, déboutant l'AGRIF, en décembre 2016. Et ce mardi 23 janvier, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi, jugeant la décision de la cour d'appel régulière sur la forme.

Les propos des Femen ont pu « choquer » les manifestants dans leurs convictions, mais « ils ne revêtaient pas un caractère injurieux à leur égard, en raison de leur appartenance à cette religion ». Tenue, slogans et gestes des Femen, « pour partie obscènes », visaient explicitement les enseignements de l'Eglise catholique, l'institution, et non pas à « une ou plusieurs personnes déterminées ».

Me Michaël Ghnassia, l'un des avocats des Femen, s'est félicité de cette décision de la Cour, soulignant « l'impossibilité d'incriminer en France le blasphème », mais rappelle que les slogans sur les torses des Femen étaient avant tout « parodiques ».

L’AGRIF, qui s'insurge d'une justice aléatoire, devra payer 1.500 euros pour chacune.

Ce 19 janvier, sept hommes, âgés de 27 à 58 ans, dont un ancien colonel de l'armée, ont en outre été condamnés par tribunal correctionnel à des peines allant jusqu'à un an d'emprisonnement avec sursis, pour avoir violenté les membres du groupe, ainsi que l'essayiste Caroline Fourest. Un dernier prévenu a été relaxé.

Joëlle Berthout
stophomophobie.com