Banderole homophobe à la Pride 2014 de Nancy : les prévenus peinent à convaincre en appel

 

Ils avaient été respectivement condamnés à 8 mois et 6 mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel en janvier 2015 et à 3.000 euros de dommages et intérêts, pour avoir déployé une banderole haineuse en pleine progression du défilé 2014 de la Marche des fiertés LGBT de Nancy (54).

La défense avait plaidé la liberté d'expression. Mais, comme lors des premiers débats, les deux jeunes hommes de 22 et 24 ans ont d'abord refusé de s'expliquer. Le plus âgé, se revendiquant du mouvement étudiant d'extrême droite GUD (Groupe Union Défense) avait déjà été condamné en 2011 pour violences.

« Il y a eu quelque chose de raté dans leur éducation », a ainsi déploré ce 7 février l’avocat général, indigné par l'« extrême violence » du slogan sur la bannière : « Allez brûler en enfer » ?! Une « menace de mort » caractérisée, pour le magistrat qui a réclamé la confirmation des peines prononcées en première instance.

Mais, « lorsqu’on est en enfer, on est déjà mort. Ce n’est donc plus une menace », a poursuivi l'avocat de la défense.

Irrité par les échanges, « Pierre-Nicolas », étudiant en droit et futur candidat aux législatives en Meurthe-et-Moselle pour le « Front National canal historique », précise l’Est-Républicain, a finalement « brisé le silence » pour nier sa présence lors de l'incident. Confronté à son ADN retrouvé sur l'un des fumigènes lancés par le groupe, il a évoqué le doute : un tiers l'aura probablement subtilisé à son domicile. « J’en ai tout un tas car je suis supporter de foot », assure-t-il, réfutant par ailleurs son appartenance à « l’extrême droite ».

Également à la barre, « Maxime », le second prévenu, à visage découvert pendant l'intervention, s'est déresponsabilisé, prétextant avoir été offensé par une banderole l'année précédente. Il y avait écrit : « fachos, allez brûler en enfer. Je me suis senti concerné. J’ai donc voulu porter plainte mais les policiers m’ont ri au nez ».

La Cour d’appel de Nancy a mis son jugement en délibéré au 16 mars.

Anne V. Besnard
stophomophobie.com

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