Un homme de 23 ans a été condamné ce jeudi 10 septembre à un an de prison avec sursis pour avoir violemment agressé un couple d’hommes, le 25 décembre 2025, au pied de leur résidence à Mont-de-Marsan. Une peine supérieure aux réquisitions du parquet, qui avait demandé dix mois de prison avec sursis. STOP homophobie et la Ligue des droits de l’Homme, constituées parties civiles, seront également indemnisées.
Les faits remontent au soir du 25 décembre 2025. Cédric et Yohan avaient tenté d’alerter un automobiliste qui risquait de percuter un poteau sur le parking de leur résidence. L’échange avait rapidement dégénéré. Après des insultes homophobes, les deux hommes avaient été violemment frappés.
Les victimes avaient subi plusieurs blessures, dont une fracture du nez et des plaies ayant nécessité des points de suture pour l’une, ainsi qu’une fracture déplacée d’un doigt pour l’autre. Les violences avaient entraîné plusieurs jours d’incapacité totale de travail.
Lors de l’audience du 2 juillet, le prévenu avait reconnu les violences mais contesté leur caractère homophobe. Le parquet avait pourtant retenu cette circonstance aggravante et requis dix mois d’emprisonnement avec sursis.
Le tribunal a finalement prononcé une peine d’un an de prison avec sursis. Le jeune homme devra également indemniser les deux victimes ainsi que STOP homophobie et la Ligue des droits de l’Homme, qui s’étaient constituées parties civiles.
« Une réponse pénale ferme »
Pour Me Pierre-Antoine Cazau, avocat du couple et co-secrétaire général de la Ligue des droits de l’Homme, la décision constitue « une réponse pénale ferme, à la hauteur de la violence qui s’est abattue » sur ses clients.
Mais l’avocat estime également que ce procès doit conduire à s’interroger sur la manière dont les violences homophobes sont appréhendées par l’institution judiciaire.
« Peut-être que ce procès montre qu’il faut mieux former les parquets aux particularités des violences homophobes », estime-t-il.
Une réflexion qui porte notamment sur la capacité à identifier ce qui caractérise une violence motivée par l’orientation sexuelle, au-delà des seuls coups portés. Le droit français prévoit bien des circonstances aggravantes lorsqu’une infraction est commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime. Mais leur identification et leur prise en compte dès les premières étapes de la procédure restent un enjeu régulièrement soulevé dans les débats sur le traitement des LGBTphobies.
Les victimes, elles, souhaitent désormais retrouver « le repos et la tranquillité ». Me Cazau souligne toutefois que les conséquences de l’agression ne disparaissent pas avec le jugement : le souvenir des violences et la crainte d’être agressé en raison de son identité, jusque devant son propre domicile, peuvent durablement marquer les victimes.
Pour STOP homophobie, cette condamnation rappelle aussi l’importance d’une prise en compte effective du caractère LGBTphobe des violences à chaque étape de la chaîne judiciaire, de l’enquête jusqu’au jugement.
















