Botswana : un couple de femmes saisit la justice pour faire reconnaître son mariage

Depuis ce 14 juillet 2026, la Haute Cour du Botswana examine un recours historique porté par Bonolo Selelo et Tsholofelo Kumile, deux femmes qui demandent la reconnaissance légale de leur mariage.

Si elles obtiennent gain de cause, le Botswana pourrait devenir le deuxième pays d’Afrique, après l’Afrique du Sud, à reconnaître le mariage entre personnes de même sexe.

Le couple, qui s’est rencontré en 2022 et s’est fiancé en 2024, estime avoir droit aux mêmes protections et aux mêmes droits que les couples hétérosexuels mariés. Leur demande porte notamment sur la reconnaissance de leur famille et l’égalité devant la loi.

« Nous nous aimons, et c’est tout ce qui compte », expliquent-elles, affirmant ne réclamer aucun traitement particulier, mais simplement les mêmes droits que les autres couples.

Un recours inédit en Afrique

Cette procédure est considérée par plusieurs organisations LGBTQI+ africaines comme une étape particulièrement importante. Il s’agirait du premier recours connu porté par un couple de femmes lesbiennes noires en Afrique visant directement l’accès au mariage.

« Partout en Afrique, les personnes queer saisissent les tribunaux pour faire valoir leurs droits », rappelle Clare Brown, conseillère juridique et politique du PRIDE Center. Jusqu’à présent, les combats judiciaires sur le continent ont principalement concerné la dépénalisation de l’homosexualité, la liberté d’expression ou la lutte contre les discriminations.

Le Botswana avait déjà franchi une étape importante en 2019, lorsque sa Haute Cour avait invalidé les lois qui criminalisaient les relations entre personnes de même sexe. Cette décision avait été confirmée en appel en 2021. Ces dispositions, héritées de la période coloniale, prévoyaient jusqu’à sept ans d’emprisonnement. En mars 2026, le pays les a officiellement retiré de son code pénal.

Mais la dépénalisation n’a pas conduit à une reconnaissance complète des couples LGBTQI+. Le mariage reste aujourd’hui réservé aux couples hétérosexuels. Cette affaire se distingue donc par son ambition : il ne s’agit pas seulement de demander la fin d’une discrimination pénale, mais de revendiquer l’égalité complète des droits familiaux.

Une bataille face aux oppositions

La demande de Bonolo Selelo et Tsholofelo Kumile rencontre une opposition de la part de plusieurs organisations religieuses et conservatrices, qui contestent l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

Des groupes religieux ont demandé à intervenir dans la procédure pour défendre leur vision traditionnelle du mariage, tandis que des manifestants se sont rassemblés devant le tribunal lors des premières audiences.

Un enjeu pour toute l’Afrique

Cette affaire intervient dans un contexte on ne peut plus contrasté sur le continent. Quand certains discriminent, pénalisent et surcriminalisent, d’autres choisissent de protéger les personnes.

Aujourd’hui, l’Afrique du Sud reste le seul pays africain à autoriser le mariage entre personnes de même sexe.

La décision de la Haute Cour du Botswana pourrait donc marquer une nouvelle étape importante : celle de la reconnaissance de l’égalité des couples LGBTQI+ au-delà de la seule dépénalisation.

Pour STOP Homophobie, cette affaire rappelle que l’égalité des droits et la dignité doivent être garanties à toutes et tous, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.